<![CDATA[Tu me murmurais à quoi bon. À quoi bon s'aimer, si l'un de nous deux choisira de partir en premier. À quoi bon se faire rire et se découvrir, à quoi bon s'embrasser, à quoi bon se retrouver, à quoi bon se raconter, à quoi bon s'éspèrer, à quoi bon se manquer, à quoi bon s'agacer, s'engueuler, se pardonner. À quoi bon ces années sur pause, à quoi bon ces soirées amoureuses, à quoi bon ton canapé froissé, à quoi bon mon salon sans télé, à quoi bon tes cheveux décoiffés, mes habits jamais rangés, mon réveil toujours allumé et les matchs de foot ratés. À quoi bon s'aimer, puisque l'un de nous deux choisira de rentrer en premier et reprendra tout seul - seul sans l'autre - la vie, là où sa lecture s'était suspendue avant tous ces à quoi bon, ne laissant que cette vaine et vilaine interrogation. Alors, à quoi bon ?]]> </p>
les tartines du petit matin.
<![CDATA[Quand j'étais ado, tous les matins, papa allait chercher le pain frais à la boulangerie. Il alternait entre les boulangeries, parce que sa préférée n'était pas ma préférée à moi - je ne crois pas que mon frère ou ma soeur aient été aussi portés sur la question de choisir une boulangerie préférée ou non, visiblement il n'y a que moi qui considère la qualité du pain comme une affaire de la plus haute importance - et rares sont les fois où on a été privés de tartines le matin. <a href="https://content.les-parentheses.com/2018/05/03/tartines-petit-matin/#more-2575" class="more-link">Continue reading « les tartines du petit matin. »
un an de free-lance : alors, tu t'en sors ?
<![CDATA[Cela fait un tout petit peu plus d'an que j'ai quitté l'entreprise dans laquelle je travaillais - et mangeais des baguettes à longueur de journée - pour être freelance. Un an que tous les matins, je sais que j'ai fait le bon choix en quittant cette entreprise, dont les valeurs ne me correspondaient plus vraiment et dans laquelle je ne m'épanouissais plus, mais un an aussi que je me demande si le freelance, c'était une si bonne idée que ça. Être freelance, je crois que cela en fait rêver plus d'un. Travailler quand on veut, comme on veut, où on veut, évidemment, sur le papier, ça a l'air maxi cool. Ma vérité à moi est un petit peu plus nuancée, alors comme autour de moi, il y a tout de même beaucoup de questions à ce propos, je me suis dit que c'était une belle occasion que de célébrer ce premier anniversaire de « j'ai passé plus de temps en legging que correctement habillée » en vous racontant un petit peu. <a href="https://content.les-parentheses.com/2018/04/26/un-an-de-free-lance-bilan/#more-3328" class="more-link">Continue reading « un an de free-lance : alors, tu t'en sors ? »
recette / mousse au chocolat, à la noix de coco et aux amandes
<![CDATA[Depuis que j'ai emménagé dans le nouvel appartement, je suis heureuse pour tout un tas de raisons - être en coloc' avec mon humaine préf' en fait partie -, et le fait d'avoir emménagé dans ce nouvel appartement plein de lumière me donne l'impression de revivre. Mon précédent appart', bien que doté d'un tipi assez génial et d'un mur turquoise qui rendaient l'ensemble quand même un peu chouette, était tout sauf lumineux : la cuisine avait une pauvre petite fenêtre qui donnait sur une ruelle, le tout en rez-de-chaussée, ce qui donnait une luminosité merdique en quantité et en qualité. J'étais bloquée pour tout un tas de trucs, dont faire des photos des quelques recettes que je maîtrise sur le bout des doigts. <a href="https://content.les-parentheses.com/2018/04/13/recette-mousse-au-chocolat-a-la-noix-de-coco-et-aux-amandes/#more-2622" class="more-link">Continue reading « recette / mousse au chocolat, à la noix de coco et aux amandes »
le nouveau blog.
<![CDATA[Comme c'est étrange. Dans mon coin, cela fait de longues semaines que je travaille sur cette nouvelle version du blog, alors je commence à la connaître par coeur et être familière avec les couleurs et à trouver que tout ceci n'est plus si nouveau. Pour autant, je sais que ça va tout chambouler (enfin, un petit peu seulement, on parle d'un blog, pas de la privatisation de la SNCF), et puis j'espère que vous allez bien aimer. Je ne sais pas trop s'il faudrait que je vous explique, mais comme je me sens d'humeur assez loquace, je vais vous raconter un petit peu. Il y a environ six mois, j'ai commencé à travailler sur pas mal de sites internet, de par mon activité de directrice artistique / graphiste / et caetera / et caetera : <a href="https://echosverts.com/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">le blog de Natasha, le blog de Céline, le blog d’Emma, plus quelques autres sites internet un peu plus peu corpo, que vous pouvez tout à fait allez découvrir en allant regarder mon portfolio (enfin, pas tout de suite parce qu’il n’est pas à jour) (évidemment). Lorsque l’on m’a contactée pour la première fois pour m’occuper de refaire un site, j’étais un peu hésitante : j’ai déjà fait quelques sites pour moi - entre ce blog, mon portfolio et le site web de ma papeterie, je commençais à connaître un petit peu, mais enfin, je n’étais pas non plus tout à fait confiante. Alors j’ai décidé de prendre des cours pour apprendre à coder, vraiment, pour de bon : au lieu de passer des heures sur google pour copier-coller des lignes de code que je comprenais tout au plus, je me suis dit que c’était sans doute une bonne idée de réussir à, non seulement les comprendre, mais surtout les écrire moi-même, ces lignes de code. J’ai toujours adoré apprendre et j’ai toujours adoré apprendre en faisant en même temps : c’était là une nouvelle occasion de combler mon amour des études, tout en faisant quelque chose qui me serait utile (parce que j’ai bien appris à faire des scones, mais jusqu’à présent, ce n’est pas grâce à ça que je paye mon loyer). Continue reading « le nouveau blog. »
#4
<![CDATA[Vingt-six ans. Cela fait vingt-six ans que toutes les semaines, à peu de choses près, je pose la main gauche à la barre, quelques temps de port de bras, tourner légèrement la tête, ne plus penser à rien d'autre qu'à l'en-dehors, qu'aux genoux tendus, qu'au ventre rentré, qu'au port de tête altier, qu'au menton relevé, qu'aux omoplates vers le bas, qu'au regard léger, qu'au sourire tranquille. Quelques notes de piano pour commencer le premier demi-plié de la journée. Vingt-six ans que toutes les semaines, à peu de choses près, après une heure trente, ou un petit peu plus, à tourner, sauter, couper, battre, frapper, relever, je me rappelle combien c'est vide et creux, quand je n'ai pas la danse pour parler.]]> </p>
Féministe.
<![CDATA[Mon premier contact avec le féminisme date d'il y a assez longtemps, je n'arrive pas exactement à dire quand, mais bon, j'étais pas très grande. Ma maman, qui a toujours refusé de prendre le nom de famille de son époux - de mon papa -, oui, je veux garder mon nom, même si je l'aime, oui, même si on est un couple heureux, oui, même si on a des enfants ensemble, avait accroché sur le frigo un petit entrefilet découpé dans le Femme Actuelle, qui titrait « je veux garder mon nom ! ». Il y avait ce point d'exclamation, qui laissait bien entendre que c'était quelque chose qui dérangeait, que l'on ne faisait pas si l'on était dans la norme, bien que l'article précise que oui, c'est légal et que non, rien n'oblige une femme à perdre son nom lorsqu'elle se marie. <a href="https://content.les-parentheses.com/2018/03/14/feministe/#more-2628" class="more-link">Continue reading « Féministe. »
#3
<![CDATA[<span style="font-weight: 400;">Il riait quand elle lui a proposé de l’épouser. Ils étaient dehors, sur une petite place pleine de bars, bondée de gens, comme un samedi soir en plein été. Il a ri et l’a embrassée encore en soufflant qu’il fallait faire les choses correctement. En entendant ces mots elle s’était, oh, à peine, éloignée, elle savait très bien que ça voulait dire que c’était sans doute la dernière fois qu’ils allaient se tenir l’un contre l’autre, la dernière fois qu’il passerait la main dans ses cheveux, la dernière fois qu’elle glisserait ses doigts entre ses boucles brunes - il avait les cheveux longs, elle adorait ça. Quelques heures plus tard, sur ce parking vide au néon de pharmacie écrit en Comic Sans au bord d’une route déserte à 3 heures du matin, alors que les adieux étaient un peu trop difficiles à formuler, ils avaient sans doute l’air de gens heureux. Il a appelé un taxi, « tu vas rater ton avion ». Il l’avait enlacée, il l’avait embrassée, elle avait enfoui sa tête dans son cou et bien sûr, elle lui avait soufflé de partir, lui aussi. Plus tard, le chauffeur de taxi lui avait dit qu’il avait juste vu deux amoureux sur le bord de la route, j’pensais pas que c’était vous, vous aviez pas l’air de personnes qui voulaient partir de là. Elle n’avait pas voulu lui dire qu’ils n’étaient pas vraiment amoureux, enfin, si, mais c’était compliqué. Elle aimait bien l’idée d’avoir été simplement amoureux, même pendant 30 secondes, même si c’était juste dans l’esprit d’un inconnu. « Il vous raccompagne pas ? » lui avait demandé tout doucement le chauffeur, d’une voix qui donnait envie de se laisser aller à la confidence. Elle lui avait répondu que non, qu’elle avait un avion dans deux heures et qu’il avait pas voulu l’épouser et que bon, vous savez, c’est compliqué. Il avait demandé où elle allait, elle lui avait dit « je vais à Montréal », puis en se reprenant, « je rentre à Montréal. C’est là que j’habite », précisa-t-elle. Après 5 secondes, il lui avait glissé que ça doit pas être facile, d’être loin de celui qu’on aime. Elle avait dit non, et elle lui avait laissé un gros pourboire. Elle est montée dans l’avion en pleurant, ce n’est que dans les films finalement, que les histoires compliquées rendent heureux. Ils ne se sont plus jamais revus. Ni sur une petite place bondée un samedi soir, ni sur un parking désert en pleine nuit, ni ailleurs.]]>
À l'audace de nos folles années.
<![CDATA[La semaine dernière, lors d'un entretien, on m'a demandé de quel projet réalisé j'étais la plus fière. Je n'ai pas vraiment eu à réfléchir longtemps et même si ce chapitre de ma vie est refermé, j'ai eu envie de vous le raconter. J’avais choisi de ne pas renouveler mon contrat dans l'agence d’architecture où j'avais fait mon alternance, une fois mon diplôme en poche, pour me laisser cette toute petite chance de ne pas m’enfermer tout de suite dans un métier qui, je le savais, ne me conviendrait guère plus d’un ou deux ans. Au moment où 98% de ma promo rêvait de signer des CDI et CDD pour, comme on dit, assurer un avenir, je m’étais offert le luxe de compter sur mes économies pour voir si ce projet, qu’on avait évoqué après une soirée trop arrosée et dont on avait griffonné les contours sur le ticket du bar, qui indiquait le nombre de mojitos bus - le gin-to n'était pas encore légion -, pouvait tenir la route. <a href="https://content.les-parentheses.com/2018/01/28/a-laudace-de-nos-folles-annees/#more-2435" class="more-link">Continue reading « À l'audace de nos folles années. »
#2
<![CDATA[<span style="font-weight: 400;">j’ai peur du noir, sans doute un petit peu à cause de mon cambriolage et puis j’ai peur de la maladie, sans doute parce qu’elle m’a déjà volé des années. J’ai peur de ces années perdues et j’ai peur de ne jamais pouvoir les rattraper. J’ai peur de ne jamais dire je t’aime, et puis j’ai peur de trop le dire, mal, trop fort, pas assez, trop bas, trop maladroit. De travers ou trop droit. J’ai peur de rater et puis j’ai peur de réussir. J’ai peur de mes choix, j’ai peur d’en avoir toujours un peu trop peur, j’ai peur aussi que mes sourcils ne repoussent jamais comme il faut, depuis que je les ai fait épiler - un peu trop - alors que j’avais vingt ans, et en même temps j’ai peur de ne plus jamais revoir ces vingt ans quand je me regarde dans un miroir en me lamentant à propos de mes sourcils. J’aime bien, je crois, me rappeler cette erreur, après tout, c’était une erreur que j’avais décidée - et assumée, au moins pour les premiers mois. Qui aurait pu prévoir que les sourcils trop fins seraient passés de mode, quelques années plus tard. J’ai peur de perdre ceux que j’aime, évidemment, j’ai peur de ne pas les avoir assez vus et puis pourtant, j’ai peur, parfois, de dire tiens, et si on se voyait, ça fait longtemps qu’on ne l’a pas fait. J’ai peur qu’on m’oublie, alors parfois, je fais semblant d’avoir oublié en premier.]]>