Quand j’étais petite, je détestais le dimanche. C’était toujours nul, parce qu’il fallait finir les devoirs, qu’on était toujours censés faire le samedi, mais le samedi, y’avait danse, et après, on allait jouer avec B. et le soir, y’avait S. qui venait nous garder alors on avait vraiment autre chose à faire que penser aux devoirs, on jouait aux Mystères de Pékin (si quelqu’un a déjà joué à ce jeu, qu’il se souvienne avec moi à quel point c’était probablement le meilleur jeu de société jamais inventé) et on finissait toujours par aller au lit plus tard que ce qu’il aurait fallu, mais bon, c’est samedi, demain, y’a pas école.
Alors que le dimanche ?!
Le dimanche, il fallait se laver les cheveux, les démêler, crier parce que tu me fais mal-euuuuuh, choisir les habits pour le lendemain, se disputer avec sa soeur parce qu’elle veut pas me laisser porter la jupe bleue, mais comme tu as la même, je veux pas qu’on la mette le même jour, vérifier que la trousse était remplie, préparer les affaires de danse et aller au lit tôt.
C’était pas terrible, les dimanches soir.
Quand j’étais ado, j’aimais pas plus ça, le dimanche, parce que c’était le moment où j’étais quand même obligée de finir à la hâte les exercices de maths à rendre le lendemain ou la disserte de français pour mardi. J’ai jamais été très très forte pour faire mes devoirs en avance, j’étais bonne sans trop me fatiguer et il me suffisait de lire une ou deux fois la leçon d’histoire le matin pour la connaître presque par coeur, alors les devoirs, c’était vraiment quand j’avais fini de regarder Hartley coeurs à vif et que j’avais été à la danse (évidemment non, mes parents pensent que je faisais mes devoirs avant tout ça). Alors le dimanche soir, il y avait tout ça, il y avait encore les cheveux à laver, plus trop à démêler parce que j’étais un peu rebelle, mais bon, c’était quand même le dimanche soir.
Quand j’ai quitté mes parents pour m’installer toute seule, le dimanche, c’était la journée angoissante, là où aucun magasin n’est ouvert et où c’était très très facile de ne parler à personne de la journée. J’étais très forte pour ça (je suis un peu sauvage) et comme pendant mes études, j’ai vécu au rythme des maquettes et des rendus 3D lancés la nuit, pendant qu’un comprimé de Guronsan pétille dans un verre et qu’on rêve d’une demi-journée de repos, mes dimanches à l’époque étaient constitués de Photoshop, d’Illustrator et d’échanges de SMS avec M., des messages pleins de haine envers l’exacto et le carton plume, envers le prof de projet qui trouve qu’on se donne pas assez ou envers la cafét de l’école qui est jamais chauffée et dont le café est ignoble.
Bref. Le dimanche soir, je fermais les yeux en craignant le lundi, parce que j’ai pas eu le temps de finir mon rendu et que merde, j’ai encore passé la journée sans mettre le nez dehors.
Jusqu’à y’a pas si longtemps, en fait, je détestais les dimanches. Un mélange d’angoisse de retourner travailler, de sensation de n’avoir rien fait et d’envies de plus, comme je pense 98% de la population (je compte pas les bébés, qui s’en foutent du dimanche)(mon frère vient d’avoir un enfant, c’est pour ça que cette référence me vient naturellement.)
Et puis, il y a eu un jour où j’ai décidé qu’en fait, le dimanche, c’est vraiment merveilleux. Et le dimanche soir, la meilleure invention de tous les temps (après Grey’s Anatomy et les smoothies aux épinards et bleuets).
Mes dimanches maintenant sont toujours doux, et remplis de trucs qui font que ma semaine va être jolie. Il y a toujours ces 2h d’entrainement avec le prof le plus beau du monde, le seul qui arrive à me faire rajouter des plates sur ma barre pendant les squats alors que je suis déjà en tain de mourir, mais comme il dit toujours des phrases très encourageantes (que je prends personnellement, parce que je suis certaine qu’il me parle rien qu’à moi)(je suis toujours au premier rang)(j’ai peut-être mentionné déjà que je suis très fayote au sport) et bien je rajoute toujours (quand quelqu’un dit « y’a pas tout le monde qu’est capable de faire ce que vous faites alors profitez-en, rajoutez des poids », bah on obéit).
À l’issue de ces deux heures, je rampe presque pour rentrer prendre ma douche, mais il y a cette énergie fantastique d’après le sport, celle qui fait que le sport est une drogue merveilleuse. Alors après, il y a un smoothie plein de trucs bons, il y a quelques amandes et une assiette de fruits et parfois une séance de running dans la neige.
Et puis après ? Après, il y a toute une après midi à remplir de choses pour soi. Des trucs qu’on fait jamais parce que la semaine, c’est trop rapide, alors le dimanche, le dimanche on a le droit de passer 6 heures à chercher des jolies typos ou à essayer de comprendre pourquoi on avait arrêté de regarder Grey’s Anatomy à la 3ème saison alors que très honnêtement, maintenant, j’arrive plus à m’arrêter (ça deviendra sans doute problématique dans pas très longtemps). Le dimanche, on a le droit de prendre une heure pour s’occuper de ses ongles (moi je fais pas ça, je me ronge les ongles, mais c’est pour l’exemple). Le dimanche, on a le droit de se coucher à 18h si on veut et d’être en pyjama à 14h, on peut passer des heures à colorier le poster géant de la cuisine qui ne sera jamais fini, on peut prendre le temps de faire rôtir des courges pour la semaine, de s’asseoir dans un sofa avec un thé et rêver, rêver, rêver de mille choses, juste parce que c’est doux, de rêver.
Et vous, ils ressemblent à quoi, vos dimanches ?

Cet article est un petit havre de douceur et de vérité universelle (quel enfant n’a pas haï le dimanche ? Mes années de filière S étaient si pénibles que j’attendais avec impatience le mardi soir, parce que le mardi c’est la veille du mercredi et une fois le mercredi passé, le plus gros de la semaine est passé). Mes dimanches de première année de médecine sonnait la fin d’un isolement de quatre jours, aller à la fac le lundi était un vrai plaisir (on devient zinzin à force de réciter entre ses quatre murs). Mes dimanches d’aujourd’hui sont comme les tiens, devenus très doux. Ils commencent souvent par ces petits plaisirs de week-end, pancakes, gaufres ou crêpes, il y a une balade l’après midi, des photos, une sieste, de l’écrit, des bons livres ou films, des câlins, du jazz, des « on mange quoi ce soir ? » et souvent ça se termine avec des plats chinois parce que c’est dimanche et là on a vraiment plus la foi de faire à manger.
le dimanche c’est tout doux pour moi aussi …
Lorsque ma fille s’endort pour la sieste, j’ai 3 heures avec mon chéri, rien qu’à nous, pour faire tous les trucs qu’on ne peut pas faire la semaine.
Colorier, broder, faire un gateau, ou dormir dans le canapé avec la télé en fond sonore, c’est juste top.
Merci Camille de me donner l’occasion de penser à ça, de respirer 5 min le lundi matin …
Pendant très longtemps, le dimanche a été une vraie source d’angoisse chez moi. « C’est dimanche… » était devenu un synonyme de « ça va pas trop… » : quand, la semaine, j’avais pas le moral, et que mes parents me demandaient si ça allait, je répondais « c’est dimanche » et ça voulait tout dire (et là je passe pour une ado dépressive ahah). Je pense que c’est en écrivant sur mon blog tous les dimanches que j’ai pris goût à cette drôle de journée ! Et puis il faut dire aussi que le dimanche, c’est vachement plus chiant quand on est étudiant et qu’on a plein de travail en retard ! Très beau billet, je te souhaite plein de beaux dimanches à venir !
Je suis totalement d’accord avec toi. pour moi le dimanche est une douce parenthèse où on a le droit que faire ce qu’on veut, y compris ne rien faire. Après la semaine et une partie du samedi passée à courir, le dimanche est ma respiration. Il commence généralement devant les dessins animés de France 4 avec des pancakes et s’étire ensuite paresseusement en longueur à coup de tricot, de recettes à tester, de séries à regarder ou de bricoles à bricoler. Bonne semaine
Marrant que tu mentionnes Les mystères de Pékin! La semaine passée, je suis allée au grenier chez mes parents et j’y ai récupéré les jeux de société que j’avais enfant et ado : la bonne paye, une famille en or et le fameux Les mystères de Pékin!! J’y ai joué en rentrant chez moi avec les filles de mon copain et je te confirme, c’est le meilleur jeu de société!!!
Quant à ta réflexion sur les dimanches, j’ai eu un peu le même ressenti que toi jusqu’à l’entrée dans la vie active et maintenant je profite de mes dimanches pour faire ce que je veux, rien n’est imposé, pas de rendu, pas de deadline!
En passant, merci pour ton blog que je lis depuis plusieurs années (enfin celui d’avant) et j’aime beaucoup ton écriture, ne t’arrête pas
Haha
J’adore ton article, en fait il n’y a pas si longtemps, je détestais le dimanche. Et puis un jour on m’a dit « mais pourquoi ? le dimanche c’est merveilleux, c’est le jour où tu fais tout ce que tu ne peux pas faire la semaine ». Et « tilt ». Mais c’est vrai, ça !
De là a découlé l’ouverture de mon blog, le Blog du Dimanche. Là où c’est cosy, comme chez ta mamie ^^
Après tout, pourquoi boycotter le jour le plus posé de la semaine ?
Ton article m’a fait rire. Merci !
C’est drôle, je parlais justement du dimanche hier, avec ma mère. Je partage presque totalement ton ressenti : j’adore la lenteur du dimanche, la ville au ralenti, le marché le matin, les tartines du dimanches, le thé pris en discutant avec une amie-voisine. La lenteur me ressource profondément. Je n’ai jamais detesté le dimanche, mais il me reste un regret : le début de la semaine. Enfin, j’imagine que quand j’aurai un travail et une vie qui m’épanouie, cela changera.
Sinon, merci de m’avoir rappelé ce jeu fabuleux qu’est Les mystères de Pékin !! J’en avais totalement oublié l’existence, et même si je suis incapable de me rappeler ce dont il s’agissait, ça me rappelle les bonheurs simples et les rires (et des cartes avec des personnages non ? Je vais regarder ça sur Google)
Bonne semaine et vivement dimanche !
(ouch, désolée pour les fautes atroces d’inattention, comme quoi il faut toujours se relire avec de cilquer sur envoyer…)
Les mystères de Pékin! J’adorai aussi
Quant aux dimanches, j’ai appris à les aimer depuis que je suis « adulte » moi aussi. (oui les guillemets sont ajoutées sciemment) (parce que je n’ai pas l’impression d’être une vraie encore ;))
J’adore looser.. non pardon COOCOONER sans scrupulte le dimanche, parce qu’on a le droit, le dimanche, la seule contrainte c’est d’essayer de ne pas se coucher trop tard parce que le lendemain c’est lundi..
J’ai dévoré ton article car il décrit parfaitement ce que j’avais l’habitude de ressentir (et qu’il m’arrive encore parfois de ressentir). Et dire que je pensais à l’époque être la seule à détester le dimanche…
Merci pour ce bel article et bonne continuation.
Alors oui il y avait Hartley coeurs à vifs (et Dawson Creek ^^) mais rien ne pouvait m’enlever ce sentiment « d’angoisse » que je ressentais chaque fin de semaine (enfin le dimanche pas le samedi). Pendant longtemps je me suis demandée « mais pourquoi ce jour? ». Dans ma famille on avait pourtant nos habitudes, on mangeait poulet-frites en regardant « Hooker » et on se balladait l’après-midi ou on rendait visite à la famille et pourtant je clamais haut et fort détester ce jour. Je vivais près d’un grand supermarché avec un grand parking et voir tout ce vide m’angoissait. Certains sont angoissés par la foule et bien moi c’est l’inverse, c’est le manque de foule qui m’angoisse ! Lorsque j’étais à l’université et que je restais dans ma chambre étudiante le week-end pour économiser un billet de train je détestais ça. Ce vide, ce sentiment d’être « isolé » et d’avoir du temps devant soi et dele gâcher. Aujourd’hui je vis à Londres ou tout est ouvert le dimanche et j’en ai même fait mon « shopping day ». Peu à peu j’ai apprivoise ma peur du dimanche
Télévision et ordinateur lorsqu’il fait moche. Promenade et sortie entre amis lorsqu’il fait beau. Cinéma et restaurant le soir… en fait, j’ai l’impression de faire tellement plus le dimanche qu’en semaine !
Bien souvent, le matin c’est soit foot du chéri, ou basket du frangin…
Déjeuner chez mes beaux parents, et glandouille toute l’aprem !
Notre rituel : Soda à partir de 17h hihiiii
Et sinon oui j’en profite pour préparer la semaine à venir… Placer deux trois rendez vous avec les copines, définir le jour où je vais aller à la bibliothèque, me faire les ongles (paroles d’ex rongeuse, tout est possible!!!), faire la liste de courses… Mais tout ça en direct live du canapé donc ça a pas le même goût amer de la semaine super speed…
Je n’arrive pas encore à aimer les lundis parce que tout est fermé, ya rien à faire,… Mais ya deux endroits ouverts et sympas à Bruxelles : Cook & Book, et Filigranes, deux librairies ou on peut lire, acheter, manger,… =)
Sinon j’ai envie de faire un brunch chez moi et d’aller à un brunch!
Je parlais des dimanches bien sûr *
Ca doit être un lapsus révélateur, je n’aime pas non plus les lundis =p