Tu seras quoi, quand tu seras grande, dis ?

crayons-papier-1

T’sais quoi ? Je me disais la dernière fois qu’on devrait tous avoir la possibilité d’essyer de faire plein d’études différentes avant de choisir son travail. C’est parti d’une discussion sur twitter avec Miss Blemish (dont le blog est une jolie pépite de textes sincères et touchants)(et de recettes de gaufres aussi), je lui disais que jusqu’à mes 18 ans, je rêvais d’être neurochirurgien.

Je vous ai dit que j’ai recommencé Grey’s Anatomy, hein, je vous l’ai dit, ça ?

Bref. Le fait est que jusqu’à ce mois de mars 2005 (j’ai eu mon bac il y a 10 ans, j’ai vraiment envie de raturer tous les calendriers quand je pense à ça)(DIX ANS PUTAIN), mars 2005 donc où j’ai accompagné J. passer le concours d’entrée à l’École Nationale d’Architecture, je voulais être neurochir. J’en démordais pas, c’était ça que je voulais, je me voyais déjà en blouse blanche et pyjama de chirurgien. J’avais tout prévu, j’avais fait des stages dans des hôpitaux en seconde (pas vraiment dans la spécialité que je voulais, mais bon, j’étais en hôpital alors c’était cool)(j’avais détesté, pour être tout à fait honnête) et j’avais déjà accepté le fait de ne pas avoir de vie sociale pendant les premières années de mes études. Je le vivais bien et j’étais assez sûre de moi.

Très honnêtement, je ne sais pas pourquoi j’ai accompagné J. à l’ENS ce jour-là et à chaque fois que j’y pense, j’arrive juste à y voir un vrai signe du destin, c’est pas possible de ne pas se rappeler d’une vraie raison comme ça, si ce n’est juste que c’était ça qu’il fallait. J’ai toujours été pas mal certaine du fait que y’a certains trucs dans la vie qui arrivent juste parce que « it was meant to be » (ça sonne mieux en anglais, pardon) et ce jour-là, ça a été le plus grand.
Comme j’accompagnais J., je me suis dit que tant qu’à faire, bah j’allais m’y inscrire aussi, on sait jamais, hein. En tous cas, c’est comme ça que ça s’est passé dans ma tête, peut-être que mes parents y étaient pour quelque chose, je sais pas trop. Je me souviens juste du fait que j’ai finalement décidé d’y aller aussi. Ce jour-là, j’ai envoyé mes dossiers et j’ai été admissible pour l’oral.

Le jour de l’oral, j’avais mon pantalon noir Kanabeach, un pantalon que j’adorais, mon préféré, j’avais mis une marinière et on était parties à Talence comme des grandes, pour aller parler à des profs et leur dire pourquoi on était super faites pour ce travail. Moi j’en savais strictement rien, je voulais être neurochir, pas archi. Mais j’ai assisté à la conférence, le prof parlait de Jean Nouvel, j’avais aucune idée de qui il était et je me suis dit que j’aurais peut-être mieux fait de me préparer un peu mieux. À la pause, on s’était assises dans l’herbe, juste devant l’amphi et c’était pas mal imaginées étudier là un jour.

Je vous le dis tout de suite, j’ai pas été prise, hein. Je pense que les gars se sont rendu compte que je savais pas trop ce que je venais foutre ici. Je pense aussi qu’ils ont vu que j’étais pas la fille la plus en santé du monde (mars 2005, 3 mois avant mon hospitalisation). Bref, j’ai pas été prise, après mon bac, j’ai passé des mois à l’hôpital dans une chambre isolée, alors toutes façons, neurochir ou archi, c’était pas le problème.

Mais quand je suis sortie de l’hôpital, je ne sais pas si c’est que j’avais été vaccinée de l’univers des blouses blanches, ou si j’avais juste envie de vivre une vie tout de suite, pas dans 10 ans, quand j’aurais fini mes études, ou si j’avais eu une épiphanie pendant les nombreuses heures passés juste à réfléchir sur le sens de la vie, entre la kiné et la diététicienne, j’en sais rien. Je sais toujours pas ce qui s’est passé dans ma tête, mais j’ai repris mes candidatures pour les écoles d’archi. Clermont-Ferrand, Lyon, Montpellier, Lille, Bordeaux, Nantes, j’ai postulé à presque tout, sauf Paris, je voulais pas aller à Paris, ça va pas ? Pendant que je faisais mon tour de France des admissibilités, je me demandais un peu, dans un coin de ma tête, pourquoi j’étais là, et qu’est ce que j’allais bien pouvoir répondre à la question « mais qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir archi ? ».
L’envie d’être chirurgien était plus si présente, mais quand même, j’arrivais pas à comprendre pourquoi j’avais brusquement changé mes plans. J’adorais construire des maisons dans les Sims et oui, effectivement, j’étais de celles qui gribouillaient toujours sur un coin de leur cahier, mais ça s’arrêtait là, j’étais pas une geek du crayon à papier, je dessinais même pas si bien et j’y pensais pas plus que ça. C’était pas vraiment une vocation et j’allais devoir faire comme si, devant des membres du jury.

J’ai arrêté de me poser la question un mercredi matin, devant l’écran d’ordinateur de la Bibliothèque de Mériadeck. J’avais pas Internet chez moi à l’époque (salut, j’ai plus de 20 ans, ça se voit ?) alors j’étais allée consulter mes résultats là bas, j’avais même pas pris la peine de monter dans les salles de lectures, je m’étais arrêtée à la borne de recherches de l’entrée. Je voulais savoir vite. Je voulais Lyon, j’avais déjà été prise dans 3 ou 4 écoles - pas celle de Bordeaux qui m’avait encore recalée, les cons - mais je voulais Lyon très très fort. J’ai été admise. J’ai fait ma rentrée 4 mois plus tard. Je suis restée 2 ans dans cette école, le temps de me rendre que pas plus que chirurgien, je voulais pas être architecte.

C’était pas trop pour vous raconter toute ma vie d’étudiante, ni mes errances dans la vie professionnelle, mais je me pose encore la question aujourd’hui. Je ne sais pas ce qui m’a finalement fait comprendre que j’étais pas vraiment faite pour être chirurgien et je ne sais pas pourquoi j’ai décidé de partir en archi à la place. Mais je trouve ça plutôt dingue, qu’une décision dont je ne me souvienne pas ait décidé de ce que j’allais faire quand je serai grande.

Et vous ? Vous vouliez être quoi, avant ?

(J’aime bien les photos de ces crayons à papier. Ils m’ont accompagnées pendant toute ma dernière année d’études, offerts par ma cousine à San Francisco pour mon anniversaire. Je ne les ai utilisés que pour mes croquis de PFE et je les ai gardés en souvenir.)(Vous venez de lire que j’ai gardé 4 restes de crayon à papier en souvenir, oui.)

41 commentaires sur “Tu seras quoi, quand tu seras grande, dis ?

  1. Qu’est ce que j’aime te lire!!! À chaque fois que tu postes je déguste ton texte quelque soit le sujet ,il y a toujours de l’émotion, tu racontes les choses d’une belle manière .alors quand tu seras grande tu pourras aussi être écrivain .(Et c’est vrai que le blog de miss Blemish est très bien)

  2. Quand j’étais petite, je voulais être architecte.
    Et puis en terminale, j’ai raté les inscriptions aux écoles d’archi (en janvier, c’était trop tôt). Et puis, mes parents/mes professeurs/mes amis me disaient, Julie mais pourquoi tu veux pas aller en prépa ? Allez, va en maths sup, moi si j’avais tes notes, j’irai en prépa.
    Mais j’aimais pas la physique. Alors j’ai trouvé une école d’ingénieur où l’on pouvait faire un double cursus ingénieur/architecte. J’ai été prise, j’ai fait le double cursus, je voulais pas vraiment être ingénieur. Et puis, j’ai fait un stage d’archi qui m’a pas vraiment emballé, je me suis un peu dégonflée. Je me suis retrouvée en binome avec une érasmus à l’école d’archi. Alors après le second cours, j’ai arrêté, alors que j’avais déjà fait 2 ans de double cursus.
    Et puis, maintenant, je sais pas, peut être que je reprendrai un jour.
    Bref, comme quoi, tout change et en en même temps, tout revient 😉

    • J’avais commencé le double cursus ingénieur/architecte aussi… Tu étais où ?
      Je mets pas non plus de côté ma formation d’architecte d’intérieur, je me dis que peut-être dans quelques temps, quand j’en aurais marre de faire de la com’, je retournerai à mes croquis et à mon AutoCad !

      • J’étais à l’insa de toulouse, mais de l’autre côté comparé à toi. De ton côté, c’était pas trop intense ? Il parrait que du sens archi/ingé c’est plus compliqué ><

        • Oh bah c’était pas une partie de plaisir mais j’avais vraiment aimé. J’avais des bonnes connaissances en maths et en physique à la base et j’adorais ça, donc ça aide. Mais disons que rattraper en 2 ans et juste 6 heures par semaine l’équivalent de la prépa + des 2 premières années d’ingé, c’est intense ! (Moi c’était pour rentrer à l’ENTPE).

  3. Ce moment où je réalise que moi aussi, j’ai eu mon bac y’a 10 ans. Déjà 10 ans quoi! Et j’ai toujours pas décidé ce que je veux faire dans ma vie (ou plutôt j’ai envie d’autre chose…) Merci pour la claque des 10 ans!

    • Ah ah, ça m’a fait mal aussi de me rendre compte pour les 10 ans… Surtout que je bosse avec pas mal de plus jeunes que moi, donc nés après 1992. Et ÇA, ça fait mal !

  4. Comme Vannina, j’aime quand je vois le soir que tu as posté un nouvel article. Je l’ouvre, et attend de me poser au lit pour le lire. C’est ce que je viens de faire, une pause de quelques minutes qui fait vraiment du bien. Moi je voulais être journaliste mais sans passer par les grandes écoles, alors j’ai fais information communication, pour me rendre compte que c’est plus la communication qui me parlait. Et puis il y a eu le web… Mais même maintenant, là je crée mon truc, mais je me vois pas rester avec ça toute ma vie. C’était dur à admettre mais je le sais, plus tard j’irais ailleurs, je ferrais autre chose. (Oui moi c’est le après qui me travaille aujourd’hui !).

    • Waou, mais merci beaucoup ! Ça fait rougir de lire ça.
      C’est bizarre mais quand je lançais Candide il y a quelques temps, je savais aussi que je ferais pas ça toute ma vie. Je crois que j’ai aussi envie de prendre toutes les chances qu’on me donne ou que je me fabrique et j’ai envie d’explorer tous les trucs qui me font kiffer.
      Et sinon, j’aime beaucoup ce que tu as fait avec Engine Your Sound ! :)

  5. Tes mots sur les miens me touchent beaucoup, ça résonne un peu plus, ça fait chaud au coeur et ça trace un sourire en un rien des mots comme ça, alors merci.
    Et tout cet article me parle tant. Avant de vouloir être psychiatre, j’ai voulu être caissière (avant de découvrir que tout l’argent que l’on encaissait n’était pas pour nous) puis maitresse d’école, puis prof de lettres, puis pâtissière. Et le choix s’est fait là entre farine et stéthoscope d’une phrase de mon père « c’est plus facile de faire médecin puis pâtissière que pâtissière puis médecin ». Il n’avait pas tort. La physique et les maths sont des choses dont le cerveau se protège par un oubli quasi instantanné.
    Et puis donc médecine. Mais depuis petite je sais que ce que je brule de faire c’est écrire. Écrire écrire écrire encore et encore et comme ce n’était pas un métier sur lequel avant de s’en savoir vraiment d’un livre publié capable on peut compter je ne m’y suis pas lancée. J’espère qu’un jour je le ferais. Et oui oui oui ! j’aimerais tant faire milles études avant de commencer à travailler et choisir ce que je ferai pour de vrai…

    • J’aime bien la vision de ton père, reprendre des études de médecine après 10 ans de pâtissière, suis pas certaine que ce soit très facile à faire ! :)
      Et puis pour l’écriture… En ce moment j’arrête pas de me demander si j’ose, si j’essaie, j’ai des choses à écrire et j’ai très envie d’en faire quelque chose vrai, mais je me demande vraiment si une fois qu’on a décidé que c’était ça qu’on faisait « pour vivre », est-ce qu’on peut encore garder la même fraicheur. Je veux dire, à part quelques rares auteurs brillants, rares sont ceux qui ne s’essoufflent pas au bout de 2 bouquins et qui deviennent juste des machines à écrire de plus dans leur maison d’édition.
      Alors que le blog, ça a cet avantage d’écrire comme on veut, en ayant encore toute la liberté d’écrire, de pas écrire, d’écrire hors saison, d’écrire en verlan, d’écrire en photos… Bref.
      Mais continue à écrire s’il te plait ! ^^

  6. Joli article, un peu de douceur pour cette soirée d’hiver, que je savoure autant que mon chocolat au caramel :)
    Quand j’étais plus jeune, je voulais être analyste financier ou notaire ou journaliste ou diplomate …
    et aujourd’hui je ne sais pas … il me reste normalement qu’une année d’étude mais comme en droit c’est celle du choix ça me paralyse … je sais que je veux participer à la protection de l’environnement mais j’ai peur de me lancer parce que c’est ce que j’aime et si je rate, je ne saurais vraiment plus quoi faire …

    • Je comprends cette sensation… Mais là, je vais te sortir cette phrase très cliché mais que j’adore quand même beaucoup, qui dit qu’il faut jamais avoir peur d’oser parce que ce que tu regretteras, ce sera de pas avoir osé. Jamais d’avoir osé.
      Alors si c’est ce que tu aimes, fonce. Si tu rates, tu rates. Mais si tu rates pas… Alors tu l’auras fait ! :)
      (Vendredi matin, le moment de philosophie.)

  7. On devrait avoir une vie de 100 ans plus longue (voir bien plus) pour pouvoir faire plein d’études et découvrir plein de choses. J’aimerais bien pouvoir tâtonner différents cursus avant de me mettre à bosser, mais à ce train là, à 80 ans je serai encore étudiante ahah.
    Moi je voulais être chirurgien, ou vétérinaire, ou astrophysicienne… (finger in the nose quoi…) et un million d’autres choses aussi. Mon errance scolaire fait que je me retrouve actuellement avec un BAC+0 quand à mon âge je pourrais avoir un BAC+6. Et pourtant je n’ai pas passé mes années post-bac à ne rien faire, j’ai entamé plusieurs premières années de fac et puis j’ai arrêté parce que je me rendais compte que ça ne me plaisait pas spécialement.
    Enfin j’ai bon espoir de trouver un jour quelque chose qui me plaît, quoiqu’il en soit, j’apprends de plus en plus qu’il faut écouter ses envies et non pas avancer en fonction de ce que les autre attendent de nous.

    Quoiqu’il en soit, très joli texte :)

    • C’est un peu pour finir mes études et vaoir un truc « concret » que je suis allée jusqu’au bout de l’archi d’intérieur, même si je savais que c’était pas ça que je ferai. Mais je le dis souvent, si je pouvais avoir la liberté financière de jamais travailler… Je passerais mon temps sur des bancs d’école, pour apprendre !

  8. Quand j’étais petite je voulais être architecte et puis on m’a dit (vers 6-7 ans) qu’il faudrait que je fasse des Maths, alors ça m’a un peu découragé.
    Plus tard, au collège, j’ai réalisé que je ne voyais pas les volumes (je devais m’aider d’un bout de fromage pour imaginer comment un plan coupait un cube, c’est dire). Bref, j’ai laissé tomber cette idée.
    Après ça, y’a plus rien qui m’a fait envie. Du coup, un peu comme tout le monde, j’ai atterri en école de commerce. Le pire truc, l’expérience la plus traumatisante de ma vie. Par esprit de contradiction avec ces fils à papa, je me suis enfermée dans le web et ça m’a sauvé. J’y ai rencontré des tas de gens chouette, j’ai fais mon mémoire sur les blogs (en 2005, quand tu passais ton bac!) et puis voilou. L’internet c’est devenu ma vie et mon métier :) Et c’est cool!

    • Au final, je me rends compte que vraiment beaucoup, beaucoup de gens font un métier qu’ils avaient même pas envisagé qu début de leurs études ! Je trouve ça génial en fait. Ce truc qui dit que rien n’est vraiment figé.

  9. Quand j’étais minus, je voulais être vétérinaire, j’ai fait la prépa agro-véto, et puis j’ai raté le concours, 2 fois. Alors j’ai fait ingénieur en pharmacologie, et puis j’aimais pas le labo, alors j’ai fait une école de commerce en plus. Et puis j’ai travaillé 3 ans dans le marketing, et puis je suis partie, et puis je suis perdue.

    Je crois comme toi qu’on devrait avoir plein de temps pour essayer plein d’études différentes. Et puis ça devrait pas être aussi compliqué de bifurquer juste un peu de sa voie. Enfin je sais pas, mais moi là, je galère un peu.

    (mais si, un jour je trouverai ma voie)

    • C’est un peu à cause de ce « ça devrait pas être aussi compliqué de bifurquer un peu de sa voie » que j’ai quitté la France. Je savais que j’aurais jamais ma chance dans un autre métier que celui pour lequel j’avais été diplômée… Alors qu’ici, je fais un milliard de truc, mais alors absolument RIEN en rapport avec mes études ! ^^

      Et oui, tu trouveras ta voie, il suffit d’essayer encore plein de trucs et de jamais se décourager, et que si quelque chose te plait, fais-le, sans même réflechir au reste.

  10. Je pense qu’on se « trompe » tous un jour ou l’autre en fait, et ceux qui ne trompent pas ont soit de la « chance », soit ils s’en rendront compte plus tard. Ainsi, moi même, je me suis trompée… Et aujourd’hui, à 20 ans, alors que je voulais être infirmière à mes 14 ans (on passera le coup du mannequinat à mes 11 ans, comme le coup d’être véto’ vers mes 8 ans), j’ai un bac L et depuis 2-3 ans, la culture m’intéresse. Je passe le concours d’adjoint du patrimoine en mars, on verra ce qu’il est est, en attendant je bosse aussi en intérim… Mais dans tous les cas, nos échecs » permettent de nous retrouver, voila ce que j’en ai retiré et ce qui m’aidera à avancer.

    • On est beaucoup à se tromper, mais j’ai quand même beaucoup d’exemples dans mes amis de lycée ou d’études qui savaient dès la seconde ce qu’ils voulaient faire et qui y sont contents maintenant. J’ai toujours eu l’impression d’être le vilain petit canard de ma bande de copains ! ^^
      Mais je te rejoins sur les échecs qui nous permettent de nous retrouver. C’est en faisant des erreurs qu’on se rend compte de tout ça et je suis bien contente d’en avoir fait autant, des erreurs !

  11. Moi aussi j’aurais aimé avoir la possibilité de faire plein d’études différentes (musicologie, psychologie, photographie, journalisme … ) et j’ai comme un goût d’inachevé en bouche lorsque j’y pense. J’adore apprendre, connaître plein de choses dans différents domaines. Et ce n’est sans doute pas pour rien que j’ai choisi de devenir enseignante parmi toutes ces autres possibilités qui m’intéress(ai)ent tant.

    • En fait il faudrait deux vies. Une pour étudier, une pour profiter des meilleures études (et allez, une 3ème vie où on pourrait juste voyager tout le temps.)

  12. Rah la la, je ne sais pas ce que ça aurait donné avec un bistouri, mais en tout cas, la plume, ça te réussit (enfin le clavier mais c’est moins poétique). Tu as un vrai talent pour l’écriture, j’adore. C’est fluide, ça se lit tout, seul, et moi, quand je te lis, j’ai l’impression d’entendre une petite voix qui parle très vite, dans ma tête (cinglée ?). Enfin bref, continue, parce que chirurgienne ou architecte, je sais pas, mais écrivain, tu es faite pour ça.
    Bises :)

    • Poulala, mais alors je sais même pas trop vraiment quoi répondre là… Merci beaucoup pour ces petits mots, ça me touche beaucoup-beaucoup-beaucoup !

  13. Hello !
    Je viens de découvrir ton blog (via celui de Anne et Dubndidu) et surtout cette article qui entre en résonance avec ce que je ressens en ce moment. J’ai toujours hésité entre chirurgien et journaliste … métiers quelque peu différents. Alors après un bac S, je suis entrée tout naturellement en 1ère année de médecine pour finalement me rendre compte deux mois plus tard que … non. Alors vite j’ai enchaîné avec mon autre désir d’être journaliste. Mais je ne voulais pas faire les grandes écoles qui coûtaient (et coûte toujours) un bras. Alors direction la fac pour une double licence en histoire et en anglais. Puis je me suis dit « Mélanie tu vas te diriger vers la com' ». C’est ainsi que je me suis retrouvée en master de rédaction et communication que j’ai obtenu en septembre dernier. MAIS ce que je n’ai pas dit c’est que je suis tombée amoureuse, il y a 5 ans, à l’occasion d’une journée porte ouverte, du métier de maroquinier. Toujours cette pensée du « et si » qui me trotte dans la tête depuis. C’est donc pour cela que j’ai décidé de faire ce dont j’ai VRAIMENT envie, et de postuler pour intégrer un CAP maroquinerie pour la rentrée prochaine après mon année de césure en Angleterre où je suis actuellement. Ce roman pour dire qu’au final on ne vit qu’une seule fois et que je ne voudrais pas avoir ce « et si » en tête toute ma vie et regretter de ne pas avoir sauter le pas.

    • Oh, waou, maroquinier… Ces métiers « anciens » pour lesquels il faut un savoir-faire particulier comme ça, ça me fait rêver.
      Mais c’est ça, je crois, il faut juste se dire que vivre avec des « et si », ça sera toujours un pincement au coeur. Je te souhaite vraiment des tas de jolies choses pour ton CAP (reviens nous raconter, moi ça m’intéresse ! ^^)

  14. Camille, ton billet est très beau, comme d’habitude !
    Moi, j’étais fortiche en maths, alors sans réfléchir vraiment, j’ai fait une prépa math sup / math spé, puis je suis entrée en école d’ingénieur. Comme la prépa c’était galère pour moi, j’ai fait une école d’ingénieur généraliste sans prétention. Et au bout de 5 ans, je me suis retrouvé diplomée, sans savoir ce que j’allais faire de mes 10 ougts. J’ai fait mon stage de fin d’étude dans un gros service informatique, et contre toute attente, je me suis éclatée.
    Aujourd’hui, embauchée dans l’entreprise de mon stage, j’adore toujours mon métier. Mais j’ai aussi plein de projets en tête, pour quand ‘je serai grande’. Moi je crois que je vais avoir plein de vies différentes, que toutes les expériences seront bonnes à prendre. On fait des études, on a la tête bien faite, le reste est une question d’hasards de la vie, de rencontres, d’opportunités que l’on saisit ou non, de timing …. Alors j’ai décidé de pas trop m’en faire, que les choses viendraient naturellement.

    • Si y’a bien un truc que j’ai appris ces derniers temps, c’est ça, oui, que le reste est une question de hasards et de rencontres, et de savoir saisir les opportunités (de se les fabriquer aussi quand on sent que c’est possible).
      Et je me rends compte un peu de la chance qu’on a de pouvoir justement faire plein de trucs, il n’y a de moins en moins de stigmatisation parce qu’on décide de changer de métier sur un coup de tête - ou presque coup de tête !

  15. Mademoiselle Hortensia

    Petite, je voulais être institutrice. Et puis, en seconde, je suis allée voir des procès au Tribunal et je me suis dit « ouah, c’est ça que je veux faire ! ». Alors quand j’ai eu mon bac, en 2005 aussi, je me suis inscrite en droit. Et puis j’ai fait 6 ans d’études, j’ai suis entrée à l’école des avocats, et au beau milieu de ma formation, j’ai réalisé que, vraiment, c’était pas du tout ce que j’avais envie de faire. Je suis allée jusqu’au bout pour décrocher le diplôme, mais aujourd’hui, hors de question que j’exerce. Là, je suis perdue, je cherche un poste de juriste même si j’ai conscience que ce n’est pas l’éclate de ma vie.

    Et toi alors, que fais-tu à présent?

    • C’est courageux quand même d’être allée jusqu’au bout ! Mais c’est quoi qui serait l’éclate de ta vie ? :)
      Et moi pour l’instant, je fais plein de trucs, je travaille dans une boulangerie-pâtisserie comme responsable com, marketing, community manager, photographe, graphiste (bref) et en parallèle je suis graphiste en free et j’ai monté ma petite marque de papeterie ! :)

  16. Ton parcours me fait un peu penser au mien, même si ils sont très différents. J’ai toujours voulu être médecin mais avec mes capacités plus que nulles en sciences et maths, j’ai dû vite me rendre à l’évidence, ce n’était pas fait pour moi… Mais au fond de moi cette petite idée de bosser avec les enfants et de devenir instit trottait toujours dans ma tête mais un jour quelqu’un de ma famille m’a dit « tu vas pas te limiter à ça… » . On m’a sorti « tu aimes les enfants, devient orthophoniste… » j’ai tenté, mes parents ont payé une prépa et pour leur faire plaisir j’ai tenté 3 fois le concours 3 années de suite dans des villes différentes avec les coûts que ça engagé… Puis un jour j’ai décidé d’assumer, de dire merde à ce que les autres et j’ai tiré un trait sur l’orthophonie et j’ai passé le concours d’instit et j’ai commencé ma première année. Et enfin je m’éclate !!

    • J’ai toujours un peu de mal à entendre que certains boulot son considérés comme « inférieurs », je crois que si tu t’éclates dans ce que tu fais, c’est quand même pas mal l’essentiel ! Pis moi, instit, j’admire tellement, mon dieu !

  17. J’adore ton article et tes crayons de papier et tes dessins ! Moi aussi je garde mes petits bouts de crayon, je trouve ça mignon…le concept de faire plusieurs études avant de choisir un métier serait chouette s’il existait et que l’on vivait en bonne santé jusque 200 ans ! Moi je voulais être photographe, pilote d’hélicoptère, princesse et pompier ! Et je n’ai rien fait de tout ça 😉 ! Très joli blog que je découvre !

    • Hi hi hi, merci pour tes petits mots !
      Ce serait si bien d’avoir un truc qui permet de pouvoir rembobiner les années d’études, mais sans rien perdre, comme ça on pourrait faire plein d’études et commencer à travailler mais pas non plus à 96 ans.
      Pilote d’hélicoptère, c’est trop cool, moi je voulais être pilote d’avion aussi.

  18. Oh, ton article, comme souvent, me parle beaucoup. J’ai beaucoup hésité-cherché-trouvé. J’ai fait une licence de Lettres modernes. En parallèle, j’ai fait une licence de Philosophie. Et durant mon Master, j’ai passé une licence de FLE (pour pouvoir enseigner le français à l’étranger). J’ai tellement peur de m’enfermer.
    Et en ce moment, même si ce que je fais, me plait beaucoup - je pense doucement à reprendre mes études de philosophie/bioéthique. Je crois qu’on est toutes un peu pareil. :)

    • Oh, je suis contente que tu aies lu ce billet, tu fais partie de ces personnes qui m’inspirent beaucoup au quotidien, la façon dont tu as géré ton petit métier si toi, si sur-mesure, je suis admirative, vraiment.
      Et c’est trop bien, je savais pas que tu avais fait une licence de philo en plus ! Wow. Voilà, je t’admire encore plus maintenant.

  19. Je voulais faire des langues, mais pas du commerce. Mes deux parents sont profs/instits et je ne voulais pas du tout faire le même métier qu’eux. Après un stage passionnant en seconde, j’ai donc décidé de devenir traductrice. J’ai suivi la voie royale et 15 ans après le bac (aïe) et 10 ans après avoir obtenu mon diplôme (ouille), je fais le métier que j’ai choisi… et que j’aime !
    Il n’en reste pas moins que (j’adore cette expression) (vraiment beaucoup) je garde dans un coin de la tête l’envie de faire des études de relations internationales. Et d’ouvrir une librairie/salon de thé dans un endroit trop joli. Et de tenir un gîte dans une vieille ferme. Tout en voyageant beaucoup (donc en ayant le temps et l’argent nécessaires pour le faire).
    Tout ça pour dire que même si on a trouvé un métier qu’on aime, je trouve que c’est sain de rêver à ce qu’on pourrait faire d’autre. Et qui sait si ça se concrétisera un jour…

  20. Camille, ça va pas trop. Cet article je l’ai déjà lu. Et avec lui que j’ai appris que tu avais connu le monde hôpital.
    En plus cet article, il se demande quand on sera grande…
    Ça va pas trop, parce que j’ai une maladie rare du sang. J’ai fais exprès de ne pas retenir son nom exact afin que malgré le forcing des amis, je ne parvienne pas à leur sortir le thème. Parce que j’ai tellement peur qu’ils aillent sur Google, googler. Pour autant je suis capable de leur expliquer des détails…
    Sur Internet, je l’ai partagé à personne. J’ai arrêté mon blog le Foutrement, j’avais un copain (aujourd’hui devenu mon plus proche, mais plus mon copain), et j’entrais en Master et je voulais pas stopper. J’ai eu mon diplôme, et j’avais commencé Engine Your Sound. J’ai eu pleins de choses noires aussi.
    Et aujourd’hui, je suis triste mais enthousiaste, crevée mais enthousiaste.
    Mais j’ai appris il y a une quinzaine de jours que je faisais une rechute. Je pensais m’être stabilisée, je m’étais mise un coup de fouet sur toutes mes dépendances et forcément c’est pas ça que j’avais envie d’entendre. Le soir arrive en France, et moi j’aime pas trop bouiner le soir toute seule quand je l’ai déjà fait lundi-mardi. Aucune personne n’est venue de son gré me proposer quelque chose. Et mon week-end est vide. C’est pas des plaintes… Ça va pas trop pour la rechute dont je souffre solo, j’ai envie de m’enfermer dans une bulle tout comme j’ai besoin du proche. Bon allez, <3.

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