J’ai lu sur le blog de Caro son billet sur les 10 plus beaux voyages qu’elle avait fait. J’ai eu envie de la copier, parce que j’ai pas vraiment fait de voyage ces derniers temps, que je ne sais pas trop quand sera le prochain, à part un aller-retour à Biarritz en juin pour voir le plus beau bébé du monde (ma nièce)(je sais pas si j’avais déjà précisé quelque part que c’était le plus beau bébé du monde ?) alors j’ai un peu besoin de rêver, en attendant.
C’est la première fois que je suis sans plans de voyages, pis je trouve ça un peu dur, même si ça fait vraiment très enfant gâtée de dire ça, mais j’ai besoin de ça, j’ai besoin de commencer à faire des listes des endroits que je veux voir, des petits déjeuner que je veux prendre et des trucs locaux improbables que je peux rapporter pour mettre sur mon étagère.
Alors c’est parti, allons-y pour mes plus beaux voyages de la vie.
1 - La Laponie
J’en avais déjà parlé plusieurs fois sur mon ancien blog, la Laponie, ça a été mon voyage à moi, ce genre de voyage qui change un peu une personne, ce genre de voyage dont les souvenirs restent si forts, même des années plus tard. Ça fait 3 ans je crois maintenant, et je vois encore cette lumière orange à 4h du matin, alors qu’il faisait -25°C et qu’on était sortis « prendre l’air », je me souviens encore de l’air glacé sur les joues, celui qui rend les pommettes toutes roses et pleines de vie quand on avait fait du chien de traîneau, cette sensation de liberté extrême aussi, au milieu des étendues de neige. C’était la première fois que je me sentais simplement bien et sûre de moi, de la vie, du fait qu’il y aurait toujours des choses qui rendent heureux, no matter what (je suis bilingue en philosophie).
Je me souviens encore du cocktail dégueulasse que j’avais pris le premier soir, à l’hôtel, un Sex on the Snow, comme si c’était un Sex on the Beach mais en version neige. C’était pas bon, ça avait été très drôle et le lendemain on avait décidé d’aller s’acheter de la vodka et de vider les mini-bars de l’hôtel en jus d’orange pour l’accompagner. On avait fini avec des peaux de bête sur les épaules, à 5h du matin, alors que le petit-déjeuner commençait à être servi et qu’on avait toute une journée dans le froid à encaisser.
Et puis oui, il y avait eu aussi une jolie rencontre.
2 - Rome, Naples et Pompéi
J’avais 13 ans, j’étais en 4ème, c’était mon premier voyage scolaire, le premier truc de grands, de latinistes, de ceux qui s’emmerdent 4heures par semaine à traduire Pline le Jeune, Pline l’Ancien et Pline l’Adolescent peut-être, au lieu d’être en étude ou de finir plus tôt et pouvoir aller traîner au Leclerc derrière le collège pour acheter des bonbons (putain la rébellion là).
Un voyage en bus, Bordeaux-Rome la nuit, avec les copains au fond du car, à chanter parce qu’on n’est pas fatigués, ou que c’est à bâbord qu’on gueule, qu’on gueule, c’est à bâbord qu’on gueule le plus fort.
On était arrivés la nuit, en février, il neigeait, je pensais pas qu’il neigeait à Rome, mais si, il avait neigé. On avait mangé des escalopes de poulet panées avec des petits pois et des spaghettis bolognaise, le tout dans le même repas et on avait fini par des glaces. Rome, on avait fait ça très vite, c’était juste une étape. On avait continué à Naples (c’était sales et il y avait des pneus partout sur le bord des routes), à Pompéi (il avait plu, plu, plu, et il y avait des chiens errants partout), à Paestum (là où les temples m’avaient profondément marquée et où on avait fini la journée dans un vieux manège avec les 3 profs morts de froid qui nous accompagnaient)(mes 3 chouchous, le prof de SVT, le prof d’Histoire et la prof de Français). On avait fini le périple à Sienne. Je me souviens encore exactement de la Piazza del Campo, des cartes postales que j’avais achetées et de la glace merveilleuse, probablement celle qui m’aura fait tomber amoureuse de la crème glacée. J’avais rapporté des bougies ignobles - avec le recul - comme taillées à la main à mes parents et on avait mangé des pizzas toutes pleines d’huile juste avant de reprendre le bus direction Bordeaux et de chanter dans le car qu’on n’est pas fatigués et que c’est à tribord, qu’on gueule, qu’on gueule, c’est à tribord qu’on gueule le plus fort.
J’avais fait développer mes photos quelques jours plus tard et chaque année, jusqu’au bac, j’ai collé dans mon trieur cette photo ratée, sous exposée et mal cadrée, de mes 3 profs et de ma meilleure amie dans le manège, comme un symbole de tu vois, c’est quand même drôlement bien de grandir parfois.
(la photo date d’un séjour plus récent, mes photos papier font partie de ces vestiges restés dans les cartons chez mes parents - pour le moment.)
3 - L’Argentine
Mes racines chiliennes vont hurler fort en lisant que mon voyage en Argentine aura dépassé mon voyage au Chili. Mais l’Argentine, ça a représenté un concentré de jolies choses, de jolis moments et de jolis souvenirs. Un peu plus de 2 semaines partagées avec Malvina, à un moment où on était probablement aussi perdues dans la vie l’une que l’autre. On avait alterné entre la vie de touristes dans un hôtel 5* payé grâce à un super deal, mais dont on avait eu l’adresse qu’au dernier moment, dont le parquet gondolait mais qui était fabuleux quand même (je pourrais vous parler des biscotti aux amandes dont je me suis nourrie à chaque petit dèj), et une fin de voyage dans le quartier de Palermo, à Buenos Aires. Cinq jours passés simplement à profiter de la vie, à bronzer autour de la piscine du roof top, à aller faire des run dans les rues, comme des locales et à aller manger des glaces, tout le temps. On a probablement mangé plus de glaces qu’une famille entière en une année et on a visité autant d’hôtels qu’on a pu, en se basant uniquement sur la condition du buffet à volonté du petit déj pour choisir.
Entre tout ça, on avait passé des tas d’heures dans un bus pour aller voir les chutes d’Iguazu (probablement une des choses les plus impressionnantes que j’ai pu voir jusqu’à présent)(je pourrais vous parler du grondement impressionnant de l’eau ou des milliers de papillons vert anis pendant des heures, je dois retrouver les photos et vous en parler correctement) et on avait repris la route juste après pour Mar del Plata. On voulait aller surfer, ça avait été un échec (50 cm de vagues les bons jours) alors on avait bu des cocktails et couru sur le bord de la plage. Et on avait inventé Candide là bas. Alors pour ça, pour les fous rires et pour cette amitié, l’Argentine restera toujours un petit bonbon au miel pour moi.
4 - Le Chili
J’y suis née et pourtant, avant il y a 3 ans, je connaissais pas grand chose de ce pays. J’y allais souvent en vacances, mais tu sais, les vacances d’expatriés passées à courir un peu partout pour voir tout le monde, dans une voiture parce que la famille est aux quatre coins du pays - et quand le pays fait 4000 kilomètres de long, ça veut dire beaucoup - et passées aussi à essayer de se souvenir qui est qui, parce que quand on voit les gens une fois tous les 2 ans, c’est pas vraiment facile et tu as changé, tu as grandi, tu veux faire quoi quand tu seras grande.
Alors quand j’ai été diplômée et que je savais pas trop quoi faire de ma vie, j’ai pris mon sac à dos et j’ai passé un mois chez mes grands parents. Un mois à profiter d’eux comme je n’avais jamais pu, rire avec eux parce que maintenant je suis adulte et qu’on peut rire entre adultes, les écouter parler de leurs souvenirs, parce que c’est une des choses qui me rend le plus heureuse, ça. J’avais l’impression d’enfin avoir le droit de les connaître et de prendre le temps d’être avec eux, avec mes oncles, mes tantes, avec mes cousins dont j’avais surtout suivi les vies grâce à Facebook.
Kriss était venue me rejoindre pour finir sur un road trip magique, deux semaines sur les routes du Sud à écumer les parcs nationaux et les photos de volcans. Le road trip avait pris fin à Chiloé, cette île qui ressemble au bout du monde et on avait passé la nuit dans un hôtel tellement miteux qu’on avait sorti les sacs de couchage pour pas toucher les draps. J’en ai rapporté mes racines je crois. Des racines qui avaient toujours été floues pour moi, et des souvenirs de famille plus précieux que tout ce qui existe. J’avais aussi rapporté des couverts à salade en bois, mais je pense que vous vous en fichez.
5 - San Francisco
Mon père a vécu à San Francisco et il m’en a toujours parlé avec des yeux qui brillent. Je crois que son rêve c’est d’y retourner, alors moi, j’avais décidé que pour mon premier voyage de grande fille, le premier voyage payé grâce à mon petit salaire d’étudiante et bien ça serait ça. San Fran, comme un sésame vers la vie d’adulte et un premier avion presque raté, parce qu’on avait mal calculé que le RER, c’est long et qu’on pensait pas que pour de vrai, pour aller aux US, il faut arriver avec autant d’avance. On avait passé les 2 vols sans magazine et sans truc à grignoter, c’était vraiment terrible.
Un voyage qui a aussi changé quelque chose, parce que c’est là bas que je me suis rendu compte que je voulais pas passer ma vie à vivre en France, qu’il y avait un milliard d’autres options pour avoir une super vie et que, tiens, San Fran pouvait être dans ces options.
J’y étais avec ma cousine, j’avais fêté mon 22ème anniversaire avec des scones salés, des cocktails et un concert de blues. On a eu si froid et j’ai secrètement versé une petite larme d’émotion quand on a vu le Golden Gate pour la première fois. J’étais revenue à Paris en ayant la sensation d’avoir abandonné un truc là bas. Je me suis promis d’y retourner et d’y habiter un jour, juste pour quelques années, juste pour pas dire que c’était juste une fois.
6 - Port d’Albret
Ça dénote un peu, hein. Port d’Albret et l’UCPA, le surf, les jolis garçons, les vagues, les blessures, les bars à glace, les chambres de colo et les combis en néoprène pénibles à enfiler. J’y suis allée trois fois et c’était… Parfaitement bien. Trois semaines totalement hors de tout le reste, juste faites pour surfer, pour rire et pour bronzer, systématiquement commencées de la même manière, le cocktail dégueulasse autour de la piscine, les premiers regards entre stagiaires, les groupes timides et systématiquement terminées de la même façon, soirée de la dernière chance comme on l’appelle, un peu - trop - alcoolisée et dont il ne reste que peu de souvenirs le lendemain. Les trois fois je suis revenue avec des ados merveilleux et un bronzage splendide, avec une cheville un peu abîmée et les cheveux bondis, les trois fois, j’ai voulu repartir aussitôt rentrée.
Alors voilà. Ca, ce sont mes plus jolis souvenirs de voyages. Il y en a beaucoup d’autres, évidemment, je crois ne jamais avoir été déçue d’un voyage. Déroutée, oui, face à un séjour inattendu, mais déçue, jamais. Et je crois qu’à chaque voyage que j’ai fait, je suis revenue avec une idée un peu plus juste, précise, de ce que je voulais faire de ma vie.
Et vous, dites-moi. C’est quoi, votre plus joli souvenir fait de valises et de décalage horaire ?


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