Les gars. Hier, on est allés faire de la slack line, il faisait chaud et on s’est dit qu’on irait bien faire du snowboard. Ça m’a fait penser que Claire avait écrit un billet pour que je le publie et que entre temps, j’avais pas vraiment eu le temps de le faire. Alors voilà.
Je sais que quand vous venez ici c’est pour lire Camille, mais là il fallait raconter Camille, du coup elle pouvait pas le faire elle même (sans passer pour une odieuse prétentieuse), alors du coup je m’en charge, donc vous ne lirez pas Camille aujourd’hui, mais juste à propos de Camille pas écrit par Camille. Vous suivez ? Bien. Donc c’est parti pour le billet écrit pas par Camille sur Camille. (Elle aime les parenthèses, moi j’aime aussi les phrases à rallonge) (et les ficelles au bleu).
Donc si je suis là aujourd’hui c’est pour vous parler « planche à neige » (oui on s’adapte au vocabulaire québécois s’il vous plait), ou comment, Justine et moi, on a appris à Camille à rider (prononcer rail-dé) de façon digne (i.e. en ayant le fessier décongelé).
C’est toujours un peu délicat de dire à quelqu’un « ok pas de problème je t’apprends la planche à neige (mais si vous allez vous y faire) quand tu veux, tu verras c’est facile (not) », surtout que bon, soyons honnêtes, je descends mais c’est loin d’être parfait et je regarde toujours avec autant d’envie les gars qui envoient du bois passer sous les chaises (le télésiège en québécois). Justine descend nettement mieux que moi les jours où j’ai la gueule de bois, les autres jours on se tient. Bref, c’est délicat de se lancer dans ce genre de choses, parce que :
1. on ne connaissait pas très bien Camille, et elle aurait donc pu être horriblement défaitiste ou se mettre à hurler à la moindre chute, et bon toujours dans un soucis d’honnêteté, si tu envisages de te mettre à ce genre de trucs, tiens-toi prêt à faire « quelques » roulés-boulés dans la neige.
2. Justine et moi avons eu notre patience à rabais sur les fins de saison, celle que tu payes un peu moins cher parce qu’elle est ébréchée là, tu vois ?
3. j’ai pas de petit trois en fait.
Enfin tout ça pour dire qu’un jeudi matin (oui parce que c’était les vacances de noël), nous voilà parties pour la première séance de planche de Camille, petite station pas loin de Montréal pour commencer, direction Mont St-Bruno, il fait beau sans faire -1000 (je suis une personne très mesurée, on vous a pas dit ? ah bon), la neige est fraîche, ça va être bien. Camille comme à chaque fois qu’elle aborde une nouvelle activité est morte de trouille, en tout cas elle répète beaucoup « j’ai très peur là » entre le moment où elle pose ses fesses (qui ne sont pas grosses malgré ses dires) dans la voiture et le moment où elle se retrouve en « haut » de la piste école :
Je vous avoue qu’à ce moment là, avec Justine, on est un peu inquiètes de la tournure que va prendre la journée.
« vas-y Camille, tu vas voir c’est facile, fais la feuille en regardant la pente » et Camille s’exécute jusqu’en bas.
« ok plus dur, fais la feuille face à la montagne dos à la pente » et Camille s’exécute jusqu’en bas.
« bon je crois que t’es prête, on va faire des virages » et (oh là là mais j’ai peur) Camille après quelques chutes s’exécute finalement jusqu’en bas. On est à la fois très fières de notre élève et complètement rageuses, Camille, en moins d’une heure réussit à tourner, des 2 côtés (il me semble que connasse est sorti de nos bouches à ce moment là), c’est encore instable mais la méthode est là, des sortes de prédispositions à se mouvoir de biais sur une planche qui glisse.
On analyse longuement la situation puis embarquons sur le télésiège, c’est un peu chaotique à la descente (parce que franchement, c’est pas facile de descendre avec un seul pied attaché, c’est comme ça), c’est aussi un peu chaotique sur la piste, ça chute, ça rigole, ça re-chute, ça se fait des bleus au derrière, aux genoux (hiboux choux bijoux cailloux poux) (je trouve plus le dernier) (ah si joujoux), mais ça progresse. Une belle chute sur la tête, c’est décidé la prochaine fois ce sera avec un casque. Ça progresse encore. Tant et si bien qu’on a couvert pas mal toutes les pistes vertes et bleues (ici on dit ronds et carrés) à la fin de la journée. C’est officiel, Camille planche. Nous on se rassure péniblement en rigolant de son pantalon de ski rose zebré qui ne ferme pas et du fait qu’elle ait le séant trempé, oui bah elle avait qu’à galérer un peu aussi. Ou alors on est des profs incroyables, c’est possible aussi.
Depuis ça, on y est retournées 2 fois, avec casque, une journée magique à Sutton qui a fini en pyjama dans une station service, et une autre journée magique, à St Sauveur cette fois.
Justine ayant fêté toute la nuit se trouva fort dépourvue quand le matin fut venu, du coup nous sommes parties, juste nous 2 pour la “montagne”, avec 10kg de ficelles et autres fougasses dans le coffre par un dimanche au ciel bleu, un lendemain de tempête (le 22 mars) (oui c’est parfois dur moralement le Québec) (en fait entre temps il a aussi neigé le 15 avril) (oui c’est vraiment parfois dur moralement le Québec).
On a commencé par une verte (rond vert), on s’est ennuyées parce qu’il faut pousser et que franchement c’est pas très rigolo. On a masterisé une bleue (carré bleu donc) multi niveaux plein de fois de suite, surtout sur la portion qui donne confiance, celle où on peut prendre plein de vitesse sans pour autant risquer sa vie. On a regardé (ou plutôt complètement subi mais c’est moins poétique) des garçons sortir par surprise des sous-bois et atterrir comme des brutes sur les bords de pistes, on a entrepris de les suivre aussi mais ça s’est révélé périlleux alors on est plutôt restées là, sur notre piste chouette. On a aussi beaucoup travaillé notre descente du télésiège (on est presque au point) (du moment qu’il faut pas tourner).
L’assurance gonflée à bloc et parce qu’on commençait à sérieusement avoir faim et que donc il fallait rejoindre le chalet principal, et qu’on voulait pas prendre de verte pour ne pas ramer, on s’en est allées vers les pistes rouges (losanges noirs) (musique dramatique). Et bien figurez-vous qu’après deux ou trois « oh là là j’ai peur » parce qu’on ne se refait pas, Camille, du haut de ses 2 journées et demi de planche dans toute sa vie, nous a posé de superbes virages, pas à 2 à l’heure sur de la piste tout à fait sérieuse.
J’ai été impressionnée, j’ai rien dit parce que l’orgueil et que surtout j’avais faim.
On a mangé plus que de raison, on a regardé qui traînait sur Tinder, Camille a eu des matchs, moi j’ai eu des moches, on est retournées faire de la planche.
La reprise a été un peu difficile, alors on est allée doucement, on a pris des jolies photos pas du tout ridicules et puis finalement on est retournées descendre des rouges toute la fin de la journée, même celle avec les bosses, et bah ouais.
Si je vous résume tout ça, ça donne 3 jours de planche, 3 montagnes, 1943 chutes, 27m3 de neige emmagasinés dans le dos, des genoux bleus à faire pâlir un schtroumpf, une quinzaine de matchs sur Tinder qui n’iront jamais plus loin puisque bon, on est nulles à ça, 1 buvage de tasse par le nez dans la neige (chacune), 1 casque offert, 4 mots pour dire cul sans jamais dire cul, une Camille capable de descendre tout à fait dignement un gros paquet de pistes, et 182 jours avant la prochaine saison, stay tuned.


Alors j’étais pas là, MAIS je note une petite imprécision qu’il me faut corriger de ce pas. Mon pantalon de ski zèbre qui ne ferme pas n’est pas rose. Il est gris. Ya juste un pull qui a déteint dessus un jour.
A part ça Claire tu peux revenir écrire quand tu veux sur le blogue de Camille, c’était long mais ça valait l’attente !
Je suis émue et j’ai peur voilà. (Mais je crois que j’aime bien écrire).
(Et ba je crois que j’aime bien quand t’écris)
Cet article est parfait. (Claire, ouvre un blog! <3
Je confirme que le Québec c’est parfois dur moralement, quand j’y vivais j’ai eu une année où mon père m’a appelée pour me souhaiter mon anniversaire (le 12 mai) et m’annoncer fièrement qu’ils avaient fait leur premier BBQ en France. A Montréal, ce jour là, il faisait -10°C et 25cm de neige étaient tombés. Voilà.
Et puis sinon bien joué les filles : l’article est top, Claire tu écris bien et j’adore tes schémas, Camille tu as mon admiration pour avoir appris si vite à rider.
Bonne journée !
(Oh moi aussi, je veux faire de la slack line !!!!! :D)
Je comprends pourquoi toi et Claire, vous etes copines, elle écrit pareil que toi, c’est drole et drolement bien écrit. Elle devrait ouvrir un blog 😉 Et Camille, je suis un peu pareil sur les pistes de ski entre mes « Oh lala », « j’ai peur », « je vais tomber » et tout le reste, un vrai sketch, heureusement les autres m’entendent pas :p
Han mais j’imagine tellement bien Camille ! Parce que oui, elle dit qu’elle a peur, sauf que c’est juste rien qu’une killeuse, et qu’elle ne lâche jamais l’affaire. Donc voilà, ça ne m’étonne pas du tout du tout qu’elle gère après seulement 3 jours ! Bravo !
(et sinon, Claire, tu l’ouvres bientôt, ce blog ? ^__^)
Oups, en fait c’était moi le com ci-dessus ! ^__^