(J’ai mis beaucoup de temps à publier ce billet. Parce que l’amitié c’est un truc qui me fait très peur parfois et qu’en ce moment particulièrement c’est un sujet un peu difficile à aborder, parce que, parce que, je sais pas, mais parce que c’est comme ça.)
Quand on est fille d’expatriés, des amis on en a eu beaucoup et on en a perdu trop aussi. Alors quand on decide de s’expatrier aussi, on sait très bien ce qu’il va se passer, parce que même si maintenant, on peut envoyer des mails tous les jours, on le fait pas souvent à la fin. Et même si on sait que les amis, on les a encore de l’autre côté de l’océan, on sait aussi qu’inévitablement, quelque chose change.
Des amis j’en ai laissé beaucoup en France, sans vraiment savoir comment j’allais faire ici, loin d’eux. Ils me manquent, c’est certain (bisou coeur), mais c’est comme ça.
Et puis.
Ça a pris si peu de temps. Je sais même plus exactement comment, ni où, ni quand, mais ça a pris peu de temps. Je ne sais pas si c’est parce que quand on est expatrié, on vit tout de façon plus intense, moins réfléchie, un peu plus tu sais je sais pas combien de temps je vais rester alors on va en profiter avant, ou je sais pas si c’est juste que j’ai changé, mais ça a pris peu de temps alors que normalement, je suis pas si facilement amicale, j’accorde pas si facilement que ça ma confiance et je suis terriblement timide au début.
Peut être un apéro, quelques rigolades, un ou deux runs plus tard et ça suffisait. On avait décidé que c’était comme ça maintenant. On serait des amis, des vrais comme on en a pas beaucoup, des vrais comme on pourrait les appeler à 3h du matin en semaine ou à 10h du matin un dimanche pour leur dire qu’on va pas très bien ou bien qu’on a trouvé la recette parfaite de pancakes (râpez une demie pomme et mettez un tout petit peu de poudre d’amandes dans la pâte).
Des amis pour aller courir avec, ou des amis pour aller boire du vin en terrasse dès qu’il fait un peu beau, tant pis si on a du travail, tant pis s’il y avait spinning, parfois boire des bières ça fait plus de bien qu’une heure de transpiration, des amis pour faire du longboard allongés sur la planche derrière le travail ou des amis pour escalader des grillages et aller voir le coucher du soleil en haut d’un immeuble qui tombe en ruines alors qu’il a fallu monter par des escaliers sans garde-corps.
Des amis comme des personnes qui sont là tout le tout temps, pour rythmer les journées et pour animer les soirées. Des amis pour qui des feutres et un plat de pâtes suffisent à être bien, tant qu’on peut mettre des couleurs sur le Grand Palais et faire le périph’ en noir foncé, sans déborder. Des amis à qui on peut dire non, ce soir j’ai du travail, mais de qui on peut entendre non, ce soir tu ne travailles pas et tu viens. Des amis à qui on peut dire tu m’énerves, je veux pas parler, sans risquer de les blesser et des amis de qui on peut entendre tu m’énerves, je veux pas parler sans se sentir blessée.
Des amis comme on a peu dans la vie et qui font me dire chaque jour que rien que pour eux, Montréal était à faire.
Voilà. Bisou les copains.


joli billet Camille… les blogs et internet d’une manière générale permettent quand même de conserver des liens précieux !
Ton post me parle tellement… Ces amitiés qui se font plus vite et qui sont aussi plus forte lorsque l’on s’expatrie. Cette sensation que ces amis la ils nous comprennent vraiment. Ils comprennent ce petit truc que ceux rester en France ne saisissent pas.
C’est joli (et si vrai…) tu as bien fait de l’écrire ce billet, ça aurait été dommage que de si jolis mots ne soient pas partagés !
Je sais exactement ce que tu ressens, j’ai commencé à m’expatrier il y a bientôt 5 ans
De toute façon quand on part il n’y a que les vrais qui restent, et qui sont là quand on revient ! d’un seul coup on apprend à faire la différence entre copain et ami.
Mes amis, c’est un peu ma famille, alors je comprends que ça a été dur d’être loin. Mais ce que j’aime aussi avec l’amitié, c’est qu’elle peut aussi bien être durable qu’instantané, et compter tout autant! Merci pour tes jolis mots qui m’ont fait penser à mes amis de loin <3
c’est encourageant pour moi qui déménage bientôt dans une autre ville où je connaitrai personne merci c’est un très beau billet il vaut le temps que tu y as passé
Toujours un plaisir de lire tes mots. Notamment ceux sur l’amitié. Très beau texte encore une fois.
Oh que c’est doux de le lire ce message
Je suis si contente que ton expérience là bas se passe si bien
Bisous coeur ma jolie
Les amis, parfois, ça débarque au moment où tu t’y attends le moins, un peu comme les coups de foudre amoureux. Tu ne sais pas pourquoi, d’un coup tu sais que c’est eux, là, maintenant… Bisous Camille, il est drôlement joli ton billet.
Tu te rappelles ? On avait parlé de l’amitié il y a quelque temps, ça avait débuté comme ça sur Twitter et puis, on avait écrit chacune un billet. C’est drôle ce nouveau billet, très drôle franchement car figure-toi qu’hier, j’étais à deux doigts de réécrire à ce sujet; Parce qu’avec mon caractère trop entier parfois, je peux m’enfermer à tort, du moins me fermer comme une huître alors que l’autre ne recherche que ton amitié et quelque chose de spécial. Bref, c’est très chiant d’être entier parce que je me rends compte aussi que je suis trop méfiante finalement. Quand j’étais expatriée à Barcelone, je crois que j’étais moins méfiante, peut-être parce que j’avais dix ans de moins, mais sans doute parce qu’on prend aussi le temps de s’arrêter un peu plus et que la vie coule doucement, plus simplement. C’est vraiment cool que tu rencontres plein de gens bien là-bas.
Je pense que quand tu pars à l’étranger tout devient plus intense et les liens se forment plus rapidement. Je suis comme toi extrêmement timide au début et qui ne fait pas facilement confiance aux autres. Puis je suis partie avec des « connaissances » faire un stage à….Montréal. On s’est rapproché d’un coup, on a rencontré plein de gens, je crois que je n’étais jamais été aussi sociable de ma vie, je m’étonnais moi même ! Après y a le retour en France et tout le monde continue sa vie de son coté, mais il reste ce lien que le Quebec a créé entre-nous. En bref, L’expérience à l’étranger ça transforme !
J’ai déménagé ce que je trouve être souvent. Des enfants de militaires, de diplomates, de voyageurs ou de marins (et bien d’autres professions qui à chaque année attachent un nouveau port) me diraient que c’est bien peu. Petite je n’étais pas très douée pour me faire des amis. Je passais trop de temps à regretter les autres au loin pour laisser leur chance à ceux d’ici qui eux non plus finissaient pas ne pas me laisser ma chance. Je l’avais laissée passer, il faut bien le dire.
Et puis, peu à peu, ça a été différent. En grandissant, mails, portable, facebook… j’ai retrouvé tous ces amis oubliés au loin. Mais j’ai aussi appris à laisser leur chance à ceux qui arrivaient. Peut-être que la morale c’est que l’on n’a jamais trop d’amis et qu’il y a largement la place là dedans pour les aimer tous et que pour trouver le temps de les voir chacun eh bien, il suffit parfois de raccourcir un peu ses nuits, de dire « non ce soir je ne travaille pas », d’ouvrir sa porte. Et qu’est-ce que ça fait du bien !
Bises
Apres trois expatriations et d’autres à venir, j’ai toujours peur de la distance, de mes ami(e)s que je laisse ici, de la vie qui continue sans moi, de ces anniversaires que je manque. Mais malgré tout, quand on part ivre à l’étranger, je crois que tout se fait plus vite, plus naturellement aussi, parce qu’on se pose moins de questions, parce qu’on n’a pas le temps pour ca. C’est plus intense. Parce qu’il faut vivre et à 300 à l’heure alors ça passe aussi par les liens qu’on crée avec les autres. Et c’est ça le plus beau. De faire confiance sans aucune réserve, de trouver des gens qu’on aurait pas forcement rencontré ailleurs, et de se lancer dans l’aventure <3
Il est doux ce billet, merci pour tes jolis mots encore une fois Camille.
En un an, mes amis sont un peu devenus ma famille, notamment quand la notre est à plus de 8000 km. C'est une très belle déclaration que tu leur fais en tout cas
Je suis tombée sur ton blog grâce à la recette de tartines que Hellocoton avait mis dans son dossier « plateau télé ». Et du coup, j’ai lu tous les articles, et même que j’ai adoré. On a l’impression de te connaître au bout de quelques lignes, que tu te livres à coeur ouvert, c’est frais, c’est spontané, c’est sincère.
Je reviendrai avec plaisir ici.