Pastaga.

Je vais assez rarement au restaurant. Au restaurant comme dans le soir, pour le souper, en buvant du vin et en ayant un vrai menu à une table, j’ai laissé de côté ça en étant à Paris où je passais plus de temps dans des petits bars en mangeant des planches de fromage que des vrais repas. Et puis, hein, c’est un truc de grande personne, ça, le resto.

Ça fait qu’à Montréal, j’ai pas forcément une culture restaurant très développée, même si je peux citer par coeur la carte de la Panthère Verte - resto végétalien pour les non-Montréalais alors que Montréal est forte, très forte en gastronomie. Et puis, vous savez, être végétarienne, c’est nettement plus facile à Montréal, oui, mais être la seule végétarienne de son groupe d’amis, ça, c’est toujours un peu plus dur quand il s’agit d’aller manger ailleurs.

Cette introduction bien trop personnelle (fortement inspirée du 3615 MAVIE)(j’ai connu le Minitel, j’assume parfaitement) pour vous raconter que 2015 a commencé brillament, grâce aux 30 ans de C., par un souper assez fantastique au Pastaga.

J’en avais souvent entendu parler avec des adjectifs absolument merveilleux sur tout, je passe souvent devant quand je décide de rentrer du travail à pieds (évidemment pas maintenant, parce qu’il fait -30 et qu’il y a une couche de 30 cm de glace un peu partout sur les trottoirs)(excellent travail de gainage en continu) alors comme il fallait trouver un resto, et bien on a essayé ça.

On est arrivés vers 21h, notre table n’était pas encore prête (visiblement les clients d’avant avaient des cadeaux à ouvrir)(nous on avait offert les nôtres à C. autour d’un Trivial Poursuit juste avant)(j’assume cette phrase sans aucune honte) alors on nous a offert une petite coupe de bulles en attendant. C’était le premier bon point d’une longue série. Parce qu’autant couper le suspens tout de suite, j’ai adoré cette place et vous risquez d’en avoir en référence ici pendant un bon bout de temps.

On s’est installés à la table en cuisine (idée merveilleuse, ils ont installé des couverts dans la cuisine, à côté des chefs, alors on soupe en regardant les cuisiniers fabriquer des mille-feuilles et des tartes fines aux poires et c’est vraiment fascinant)(même s’il se peut que j’aie eu des moments d’absence sociale parce que c’est vraiment fascinant de voir des gens travailler en cuisine)(agitez un couteau devant moi et je perds tout sens de la normalité) et on a lu le menu. Quand le serveur est venu prendre notre commande, j’ai fait un truc que je n’avais jamais encore osé faire : j’ai expliqué que je suis végétarienne, que mes copains de table vont tous prendre le menu dégustation en 3 plats et que moi, je vois rien qui me convienne vraiment pour les accompagner, est-ce que vous pensez que c’est faisable de faire quelque chose ? J’ai demandé ça avec un grand sourire en m’excusant un petit peu et en face, j’ai eu la meilleure réaction du monde. Le serveur a ri, il m’a demandé ce que je mangeais et est revenu 10 minutes plus tard pour me dire que le chef allait me mitonner des petits trucs sur-mesure.

(copyright : Pastaga)

Vous allez sans doute me prendre pour une fille vraiment chiante, mais y’a deux cas de figure. Quand je vais dans un resto un peu cheap, je me contente de ce qu’il y a sur la carte. Être végétarienne est mon choix, j’ai pas envie que ça commence à énerver les gens autour. Mais quand je suis dans un bon restaurant, je me dis que si le chef aime son boulot, il sera au contraire ravi d’avoir un petit challenge à relever. Alors évidemment, il se peut que je tombe en face de quelqu’un de très désagréable qui va m’envoyer me faire cuire un oeuf (mais j’en mange pas, alors ça sera plutôt une tartine) et dans ce cas là, bon et bien je m’écraserai et je mangerai la salade verte, mais je crois que c’est en demandant ce genre de choses que les resto feront aussi plus d’efforts pour proposer plusieurs plats végétariens. Bref, c’était mon paragraphe qui n’a rien à voir.

Revenons-en aux faits. Pendant que les copains se régalaient visiblement (en tous cas il y a eu des gémissements de plaisir) d’un saumon gravlax, moi je me délectais de tranches de courge Délicata rôties, avec une petite crème de courge, aneth et fromage frais. Je n’avais pas vraiment précisé que les courges sont mon obsession du moment, j’ai donc failli courir sauter dans les bras du chef quand j’ai vu mon assiette. Pour continuer, j’ai eu ce que je peux désormais qualifier de vraie meilleure tartine du monde. Je vais probablement vous parler de mes tartines d’avocat comme les meilleures tartines du monde, mais de grâce, ne me croyez plus. Parce que ÇA, c’était vraiment les meilleures tartines du monde. Comme dans les meilleures tartines du monde. Vraiment. J’insiste. Sans exagération.

J’ai vu arriver une planche en bois épaisse (premier bon point, les planches en bois sont une passion de vie) avec une tartines aux champignons revenus dans une sauce soja, avec une tartinade d’olives, des oignons rouges caramélisés, une petite salade et DES. CHIPS. DE. TOPINAMBOUR. Alors quand le serveur m’a décrit le plat, j’ai entendu C. et J. sourire (on peut parfaitement entendre des gens sourire) parce que ça rassemble plus ou moins tout ce qui pouvait faire mon bonheur. Je pourrais vous décrire le silence religieux avec lequel j’ai mangé ça, mais je sais pas si décrire un silence est vraiment très intéressant. Quoi qu’il en soit, c’était la meilleure tartine du monde.

Et quand le dessert est arrivé, comme j’avais passé tout l’apéro a regarder le pâtissier faire des tartes aux poires, j’ai été obligée de la goûter et c’était à peu près parfait. Je suis souvent déçue par les desserts parce que y’a un truc dans le monde qui fait que les restos ont tendance à négliger ça (les gars, le dessert quoi !) mais là, sans faute, encore. La pâte feuilletée était juste comme il fallait, les tranches de poire fines et un peu croquantes et la glace maison à l’amande, MON DIEU, se passe de commentaires.

Alors voilà. C’est sans doute la critique gastronomique la moins orthodoxe du monde, mais oh la la, j’ai envie de faire des bisous par milliers à ce restaurant. Si vous êtes à Montréal, allez-y vite. Les prix sont super corrects, la formule dégustation est à 45$, et pour la qualité du repas et du service, ça vaut vraiment ça.

(copyright : Pastaga)

Pastaga
6389, Saint-Laurent (coin Beaubien)

(438) 381-6389

Ouvert tous les soirs du mercredi au dimanche
Brunch la fin de semaine (qui apparement est plutôt parfait aussi)

PS : alors pardon parce que j’ai des photos des plats, mais elles rendent vraiment pas honneur à la qualité, donc je mets rien, la prochaine fois, je saurais que je tomberai amoureuse de ce que je vais manger et j’y penserai.

4 Comments

  1. Je crois que je vais essayer la prochaine fois aussi de demander quelque chose de végétarien s’il n’y a rien de prévu :)
    j’ai envie d’aller à Montréal juste pour manger là-bas !

    Répondre

  2. hum Je suis passée devant plusieurs fois sans y rentrer un resto en solo j’en avais pas l’envie. Mais une prochaine surement. Tu nous donnes ta recette de tartine à l’avocat?

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