Trois ans et des poussières plus tard, j’ai appelé l’École des Grands Ballets, j’ai demandé s’il y avait encore de place, même si la session était commencée, j’ai dit que ça faisait longtemps que je dansais, mais que j’avais arrêté, est-ce que vous pensez que j’ai quand même le niveau ? On m’a répondu avec un sourire au bout du fil (oui, on l’entend, le sourire) que j’étais la bienvenue pour essayer un cours et que non, non, ça ne posait aucun souci que la session soit déjà commencée, il reste quelques places dans le cours du mardi, venez trente minutes avant.
Alors mardi matin, j’ai fait mon sac, comme avant. J’en ai fait l’inventaire, comme avant, une espèce de poésie connue sur le bout des doigts, demi-pointes, collants, justau, pantalon d’échauffement, sweat pour la barre, épingles à chignon, barrettes, élastique, fil et aiguille pour si l’élastique brise, sweat pour après. J’ai fait comme avant aussi, et j’ai porté mes demi-pointes à mon nez, pour sentir encore l’odeur de la colophane qui a séché, même si pour toute personne étrangère à ce monde, voir quelqu’un qui renifle ses chaussons, ça doit être bizarre. J’ai fermé mon sac et je suis partie, en essayant de pas trop stresser.
Le studio est grand, les barres sont un peu abîmées et grincent un peu, les plafonds sont hauts, il y a des cadres aux murs et un piano noir dans le fond. Comme avant, je me suis installée à la barre et j’ai commencé mes petits échauffements, battements cloches avec les pieds flex, relevés sur demi-pointes, pour ré-habituer les chevilles, orteils pointés, pour éviter les crampes tout de suite et les petits assouplissements d’usage, la grenouille pour déverrouiller les hanches, le papillon pour chauffer les jambes. La prof est arrivée, la pianiste s’est installée, a lâché quelques petite notes et puis il y a eu ces petits mots, ceux qui résonnent dans chaque cours de danse, d’enfants, d’adultes, d’amateurs, de professionnels, en France, au Japon, au Canada, « on commence avec les pliés ».
Si les sensations sont différentes, les gestes semblaient tellement naturels, les premières notes de musique, les genoux se tendent encore plus, le port de bras, main gauche à la barre, parce qu’on commence toujours à droite, pieds en première, et demi plié. Comme si j’avais fait ça tous les jours, pendant les trois années où j’ai simplement rêvé ces ports de bras.
Bien entendu, il va falloir tout réapprendre. Il va falloir réapprendre à tourner, à tendre les genoux, à faire partir l’en-dehors de la hanche, pas des chevilles mesdemoiselles, ça ne sert à rien d’ouvrir votre première comme ça si c’est pour bousiller vos articulations. Il va falloir réapprendre les épaules basses, les fesses rentrées, le ventre tenu-aspiré, il va falloir réapprendre à ne pas se laisser tomber sur la jambe de terre, à se repousser du sol, à ramener les jambes avec énergie dans les jetés et dans les frappés, à accompagner le mouvement avec la tête, à soutenir les bras, à garder les poignets légers, à pointer correctement les orteils. Il va falloir réapprendre les adages, la petite batterie, les petits sauts, faites attention à vos orteils les filles, il va falloir réapprendre les pirouettes, « tête-tête », disent tous les profs quand on tourne, les grand jetés, les équilibres, les tours promenades et les tours attitudes, les pas de bourrées ouverts et les entrechats trois de volée. Il va falloir réapprendre les fouettés à l’italienne, les grandes sissonnes et les fouettés.
Il va falloir réapprendre à suivre la musique, à vivre les notes, à sourire même quand ça fait mal, à se laisser porter par ce qu’on danse, même si c’est juste un adage en studio, faites comme si vous étiez en scène, toujours, avait dit un jour ma prof quand j’étais ado. Il va falloir réapprendre à continuer même si on rate, surtout si on rate, ratez mais avec panache, elle disait aussi. Il va falloir réapprendre à reprendre la barre, sans plus jamais s’arrêter cette fois-ci, c’est promis.
Je suis rentrée chez moi à pieds, parce que j’avais besoin de réfléchir à tout ça, et puis aussi parce que j’avais besoin de pleurer un petit peu. Après trois ans à me forcer pour ne pas y penser, tout ça, c’est revenu. En une heure trente seulement, je me suis rappelée que je ne m’étais jamais sentie aussi complète et vraie, surtout, que quand je danse.
J’ai appelé l’école quand je suis rentrée, en disant que je reviendrai, la semaine prochaine. C’est promis, tu sais, j’ai compris, je me suis dit. J’arrêterai plus jamais.

Comme toi j’ai danse pendant des annees, puis j’ai arrete, et j’ai repris, et encore arrete et puis maintenant je veux reprendre biensur… Tres bel article 🙂
Oh oui, il faut reprendre. Vraiment !
Tu me raconteras, si tu reprends, dis ?
Une passion, tu ne peux jamais l’arrêter complétement. Tu y reviens toujours, même des années après. C’est comme un lien invisible qui ne se brisera jamais. 🙂 Et c’est cela qui nous rend vivant
C’est vrai ça, ma maman m’avait dit ça aussi pendant un échange à propos des passions, elle a nagé pendant des années à haut niveau et a été obligée d’arrêter, parce-que-la-vie, et oui, elle ressent un manque. Et je l’ai ressenti aussi, oui, comme si effectivement il y avait un truc qui était resté là tout ce temps, à attendre sagement que j’arrête d’inventer des excuses !
Oh merci merci merci Camille.
(Moi ma prof elle dit pas « tête tête », elle dit « spot », « spotez », « mais tu spotes pas assez! Il est où ton spot si tu fais 2 tours+un quart? Il est là-bas! Pas là! Vers la fenêtre! Si vous spotez pas ça tournera jamais mes chéries.)
Je vais essayer avec le spotez, tiens, la prochaine fois que je raterai mes pirouettes !
J’imagine bien ce que ça doit faire! 4 ans que je n’ai pas foulé le sol d’un studio de danse et dieu sait que ça me manque. Mes petits chaussons au placard, même si je les sors de temps en temps, me crient (si si je le jure) d’y retourner. Malgré l’appréhension, le besoin de m’y remettre se fait de plus en plus sentir ! 🙂
Vite vite vite, ne réfléchis pas trop, appelle toutes les écoles de danse autour de toi et retourne danser !
Et raconte-moi, après, comment c’était ! 🙂
Je suis en sous-marin depuis quelques temps sans oser commenter, mais là… Ce texte me parle tellement ! Merci !
Oh, j’aime bien que tu oses commenter, alors, surtout sur ce billet. 🙂
Merci pour ce très beau témoignage. Je ne connais la danse qu’en tant que spectatrice (même si je suis plus calée en opéra), mais j’adore cette façon d’égrener à la fois les souvenirs et les sensations du moment, les émotions procurées par les gestes, les termes techniques - on s’y croirait.
Merci pour ton joli commentaire, Kléo ! Moi j’y connais rien du tout en opéra.
J’aime tous tes billets. Mais rien n’est plus beau que quand tu parles de la danse. Belles retrouvailles avec cette partie de toi <3
Merci Laurie ! <3
Hello,
Je n’ai jamais fait de danse, car gamine j’étais trop timide.
Depuis toujours je regarde les danseuses avec envie, car maintenant je suis trop vieille pour m’y mettre
Non-non-non ! On est jamais trop vieille pour commencer, ce sera un peu plus difficile, oui, mais ça vaut tellement le coup d’essayer.
Tu me diras, dis, si tu tentes ?
Elle a raison, il n’est jamais trop tard. Il est peut-etre trop tard pour en faire une carrière, mais la danse se pratique aussi (surtout) pour le plaisir !
Ça fait 2 ans que j’ai d’envie de recommencer aussi tout ça mais ça fait trop longtemps que j’ai arrêté et puis je me trouve des excuses comme « je dois m’affiner » avant de ressortir mes pointes; et puis je suis tombé sur ton article qui m’as fais comme un electro-choc !
Dans 1 an… je viens de me promettre que dans 1 an je remonterais sur des pointes, dans 1 ans, je me sentirais bien dans mon corps et dans 1 an j’arriverais à retrouver tout cet univers qui m’as tant manqué …. merci pour cet article simplement magnifique et rempli d’émotions. Merci !
Écoute, le prétexte du « je dois m’affiner avant », ça a été le mien pendant ces 3 années. Et puis en fait, au bout d’un moment, je me suis rendu compte qu’il me manquait un truc, vraiment, et que pour compenser ça, je me vengeais sur la bouffe, et voilà le cercle vicieux qui commence. Je t’avoue que je suis contente d’être suuuuper myope et de danse sans mes lunettes, ça m’évite de me regarder vraiment dans le miroir et justement,je me concentre plus sur les sensations que sur le reflet qui ne me plaira pas.
Allez, retourne à la barre (et raconte-moi !)
Tout comme toi, j’ai du arrêter. Une hernie discale quand j’avais 15 ans, alors que je faisais sport/études, avec quelques 20-25 heures de danse par semaine (hors période exam et spectacles bien-sûr). Le conservatoire, c’était un peu ma maison. La danse ma passion, ma raison d’être au-dessus de toute autre raison. Et puis tu arrêtes, sinon tu « seras dans un fauteuil roulant à 30 ans, enfin mademoiselle, il faut savoir être raisonnable vous ne croyez pas? »
On te demande de choisir entre continuer à marcher et …respirer.
Alors j’ai fait beaucoup de rééducation, j’ai pris beaucoup de temps. Pour pouvoir accepter le fait que non, je ne danserai plus comme avant, oui la danse peut-être un « hobbie » une « activité comme ca » …
Je suis arrivée à Berlin, ici les gens t’accueillent de manière fabuleuses, quand tu passes deux pirouettes en dehors ils te regardent comme si tu étais Aurélie Dupont, et puis tu vois les choses d’un autre oeil et tu réapprends à respirer, à marcher, à rendre ce port-de-bras infini, tu es dans tes demi-pointes avec ton collant Sansha retroussé et ta multitudes de couches noires et douillettes. Je crois que le contact de la barre, du bois… est ce qui m’avait le plus manqué.
Cet instant si simple et pourtant synonyme du commencement de toute chose.
Merci pour ton article <3 Danse, danse, sinon comme le disait Pina…Nous sommes perdus.
Oh, merci pour ton si joli commentaire, Pauline, tu m’as mis les larmes aux yeux !
Oui, dansons, dansons !
Continue de danser et de nous amener avec toi dans ton sac, entre les bas et le sweat, mais pas trop près de l’aiguille. Danse ma belle 🙂
C’est promis ! <3
Bonjour Camille;
Je lis ton blog de temps en temps, et moi aussi, je sors du bois pour te remercier pour ce superbe texte. Mon aînée fait de la danse, c’est une passion qu’elle a et une pratique qui m’est complètement étrangère ; la lecture de ton billet m’a propulsé dans son monde, et pendant un moment, j’étais à sa place et ressentais ce qu’elle vivait pendant ses cours. Pour cet instant suspendu à une barre que je ne toucherai jamais moi-même, pour cette intrusion magnifique sur un parquet que je ne foulerai jamais avec des chaussons, et pour m’avoir permis de comprendre un peu plus ce qui la fait vibrer quand elle danse, un grand merci <3
Oh la la, mais merci à toi pour ce si joli commentaire !
Comme c’est juste ! On n’a pas la même passion (moi c’est la grimpe), mais comme je me reconnais dans tes « fausses excuses » pour ne pas recommencer, alors qu’on en meurt d’envie, mais qu’on sait que ça va être tellllllement dur (pour le physique, pour le moral, pour tout cet univers qu’on cherchait à mettre l’écart mais qui nous rattrape tout le temps…). Comme toi, j’ai fini par reprendre, et je me suis rendue compte du manque que j’avais… Mais parfois on a besoin d’arrêter pour mieux reprendre ! (et, pour ma part, en essayant de ne pas retomber dans les excès « d’avant »… )
Merci, et je te souhaite de reprendre énormément de plaisir.
Marie
Oui, c’est vrai que le fait d’arrêter permet aussi de prendre un peu de recul sur la pratique qu’on avait avant et de mieux se concentrer peut-être sur l’essentiel : en faire un peu moins, mais mieux et en ressentant autrement !
En tous cas, je crois que ça fonctionne avec toutes les passions qui prennent tant de place, elles nous rattrapent forcément (et finalement, ‘est mieux comme ça !)
Je crois qu’en fait, ça n’a pas d’importance les thèmes de tes billets. Enfin si, bien sûr, mais je les lis principalement parce que ce que tu fais avec les mots, c’est joli, ça file tout seul comme une pelote qu’on déroule et qui ne s’arrête plus. J’ai su faire ça, un jour, c’est comme la danse, je crois que ça ne s’oublie pas mais on rouille un peu.
La danse pour moi c’est un univers un peu étranger, qui ne m’a jamais vraiment attirée. J’en ai fait un an, j’avais six ou sept ans peut-être, et je peine à m’en souvenir. Mon bien-être à moi, il est plutôt dans la musique. J’y reviens et puis j’arrête, par manque de temps, puis j’y retourne parce que malgré tout, il me manque une partie de moi-même quand je n’ai pas de flûte ou de violoncelle dans les mains.
Oh, un million de mercis pour ces petits mots, tu peux pas savoir à quel point ces compliments me font sourire grand-comme-ça !
Et puis, oui, voilà, c’est cette partie de soi qui nous manque, qui fait un vide quand on l’a pas !
(moi aussi je sniffe mes demi-pointes)
(et je suis TRÈS TRÈS heureuse que tu aies repris, parce que la danse, c’est la vie)
(bisous)
Si tu savais à quel point j’ai pensé à toi, pendant ce premier cours. Vraiment, je sais pas, je me disais que tu serais contente et ça m’a fait du bien aussi ! <3
Ah ! Je ne suis pas la seule avec la litanie du sac de danse. Demi-pointes, pointes, collants, justaucorps. Évidemment, j’ai des épingles, une chauffe, du déo, une serviette, du gel douche, mais mon mantra, c’est juste ça : demi-pointes, pointes, collants, justaucorps. Et du coup, évidemment, je finis par oublier les embouts ou le déo… Anyway: welcome back à la barre ! Il n’y a que ça de vrai pour coïncider à nouveau avec les limites de son corps ET quand même avoir l’impression de voler. Vodka ! crie mon nouveau professeur de danse. Je veux des renversés vodka et vous me servez de l’eau minérale : vodka ! (À la tienne, donc.)
Ah ah, oui, alors le déo, je l’ai pas listé, mais il est toujours dans mon sac-de-sport-trop-rempli, alors bon. Et je mettais jamais d’embouts pour les pointes, j’ai jamais aimé ça, je préférais perdre mes ongles tous les quatre mois ! ^^
Et je vais garder l’analogie avec la vodka pour mes prochains cours, on va voir si j’y arrive mieux !
Oh que je suis contente de lire ce billet!
Je te vois encore me montrer des pas dans les couloirs du lycée en première…
C’est con mais tu me manques
Vie ta passion a fond ma Choup’
Gros bisous
Un million de bisous, Mymy !
J’ai fait 6 ans de danse avant d’arrêter sur un coup de tête il y a quelques années maintenant. A l’heure actuelle n’importe quel article parlant de danse me fait instantanément pleurer et le tiens n’a pas échappée à la règle, il m’a mit les larmes aux yeux. C’est beau ce que tu écris.
Si seulement mon emploi du temps me permettait de m’y remettre ..
Tu sais, je crois que pour l’emploi du temps, il y a un moment où il fait se bousculer un petit peu en se forçant à faire un trou dans une journée pour ça, même si c’est compliqué ! Ca vaut le coup, après. Tu me diras, dis, si tu y retournes ?
Je ne me souviens pas avoir déjà commenté, bien que je te suive depuis un moment, mais ce texte me touche tellement… Je fais partie de ces gens qui pensent que l’art doit être fait par des gens très doués, presque des génies, et je ne l’ai jamais été, en tout cas pas en danse. Mais c’est tellement ma respiration, un bonheur infini de malgré tout se sentir à sa place, oui même si je ne suis pas la plus douée. C’est très douloureux de se dire ça, d’autant plus que je suis en train de laisser tomber, par flemme, par lassitude, par le fait que je vois les autres le faire mieux que moi. Mais après tout, on le fait pour qui ?
Pendant quelques temps aussi, j’ai ressenti ça : ça quoi en faire si je ne serai jamais au firmament des Étoiles. Et puis en fait, non, l’art doit être fait par des gens passionnés, avant tout. On s’en fiche, après tout, que tu ne sois pas celle du cours qui lève le plus haut la jambe ou qui époustoufle tout le monde en passant 6 tours sur pointes, on s’en fiche : tant que tu es celle du cours qui souris et qui est heureuse d’avoir enfilé tes demi-pointes, je crois que c’est juste ça qui compte !
Ne jamais s’arrêter de danser, au ballet, dans la rue, à travers nos sourires , nos rires, nos chants. Danser la vie ici et maintenant… Danse Camille et envole toi vers tes rêves.
Merci pour ce joli commentaire !
Très bel article, toujours très bien écrit…
J’ai fait de la danse classique plus jeune, et n’en garde pas un très bon souvenir, mais tu me donnerais envie de m’y remettre, comme si j’avais loupé quelque chose!
Je te suis depuis quelque temps, première fois que je commente ici mais j’attend toujours tes articles avec impatience 🙂
Passe une belle journée,
Merci beaucoup, Lisa, pour ce petit commentaire ! Je crois que la danse est tellement quelque chose de viscéral que certains profs ne sont pas capables de transmettre ce qu’il faut - peut-être que tes mauvais souvenirs sont liés à ça ?
C’est tellement beau quand tu en parles. De tes mots, on ressent la passion, le plaisir mais aussi la rigueur et la maitrise nécessaire pour ce sport, cet art.
La danse, je trouve ça tellement beau . Je vais voir Casse-noisette bientôt au palais Garnier, je vais réaliser un de mes rêves de petite fille.
Merci Juliette ! Tu me diras comment c’était, Casse-Noisette ? C’est un très joli ballet, très féerique, je l’aime beaucoup ! Et puis à Garnier, le rêve, c’est vraiment sublime comme endroit !
Oooh très joli article.
Moi je ne danse pas. J’ai bien fait une unique année en moderne Jazz, mais ça a été dur parce que je ne suis pas douée pour deux pièces. Mais j’ai aimé…
Par contre ton texte ça me fait penser à mes années de théâtre. J’ai arrêté, repris, arrêté… repris. Et là je vais devoir arrêter encore une fois, j’appréhende un peu.
Peut-être que si tu sais que vas devoir arrêter, tu vas pouvoir anticiper et trouver un moyen de ne pas arrêter ? À cause d’un déménagement ?
Merci pour ton petit mot en tous cas !
Quel bel article comme toujours. On sent ta passion qui transpire à chaque ligne.
J’en ai fait 15 ans : du cp à ma 2 e année de pharmacie. Puis j’ai arrêté. Sans que ça me manque trop je l’avoue. Ou au moins au Debut et puis plus trop. J’ai essayé de reprendre avec des cours chez stanlowa (ce fut notre premièr échangé sur Twitter je t’avais démande conseils ) mais Ca ne m’a pas plu … Je n’avais plus le niveau et je crois pas assez « humble » ou pas assez volontaire pour batailler et reprendre mon niveau. Toujours est il que cela fait 3 ans que je n’ai plus ressorti à mes chaussons mais quand je lis ton article. Je voudrais recommencer. Pour voir. Les mouvements à la barre et le placement étaient tellement éncore ancrés ça m’avait frapper. Peut être dans un cours plus simple dans un 1er temps. Oh cet article me chamboule ! Éncore une fois (je crois que peut importe les sujets que tu traites ça me fait Ca )
Merci à toi. Et belle reprise. Amuse toi
Mais oui, je me souviens de nos échanges sur Stanlowa ! Effectivement, moi j’avais mis un peu de temps à arrêter de me focaliser sur les petites gamines de la section pro qui venaient prendre le même cours que moi, mais j’aimais beaucoup ma prof, F.Legrée, pour arrêter (et puis se dire que chaque semaine, c’est une Étoile qui te donne un cours, ça m’émerveillait toujours autant !)
Mais tu sais, tu devrais y retourner. Là ou ailleurs, qu’importe - ou peut-être même juste changer de niveau pour le début, le temps de reprendre les bases et la confiance en toi. Ca vaut le coup, je crois, de se donner cette peine.
Tu me diras, dis, si tu y retournes ?
Et me voilà de retour sur ton joli blog, grâce à Hellocoton une fois de plus!
J’espère que tous tes articles sur le danse seront en sélection HC!!
C’est vraiment bien que tu ais repris la danse après 3 ans, une occasion de redonner vie à ton beau tutu! Et faire « tête-tête » comme les profs le disent si bien!!
Gros bisous♥
Cécile.
Merci Cécile pour ton petit mot !
J’espère aussi que tous mes articles seront en sélection, tiens ! ^^
Je voulais lire et commenter ton article depuis longtemps et puis, j’ai oublié - vilaine fille. Je prends le temps aujourd’hui et j’ai souri pendant toute ma lecture (dieu que tu écris bien, c’est si agréable de te lire) ! Bravo pour ta reprise et merci pour ton texte si touchant qui me rappelle l’ambiance des cours qui passent à une vitesse folle.
Les : tends tes jambes, rentre tes fesses (surtout avec ma cambrure qui a toujours fait rager mes professeurs…), pense à tenir tes coudes, plus haut les changements de pieds ! J’aime cette exigence de la danse, bosser dur dur pour arriver à un résultat qui paraît si naturel et évident, ne penser à rien d’autre. Comme toi, la danse me fait me sentir vivante dans tous les sens du terme : on se trompe, on persévère, on y arrive toujours pas et puis un jour à force de travail, si ; on sourit, on a mal, on prend du plaisir, on pleure, on se sent puissant et impuissant, on se sent invincible et vulnérable. C’est tellement plein de contrastes la danse…
Rien que de t’écrire tout ça me donne envie de renfiler mes chaussons et de vite retrouver un cours de danse ! Bref, merci Camille pour tes mots <3
Merci, merci, merci, merci pour ton commentaire Laetitia ! J’aime bien ta conclusion sur les contrastes, c’est exactement ça ! J’espère que tu vas vite enfiler les chaussons de nouveau. 🙂
(mon commentaire ne sert pas à grand chose, mais c’est juste pour te dire : il est très joli.)
Merci Julie ! 🙂
Tu as un don pour décrire ces retrouvailles si sensuelles, les odeurs, le toucher, les sensations, le bonheur qui prend trop de place dans la poitrine au retour… Tu me donnes envie de retrouver cette passion d’enfance, tu sais!
Retrouve, retrouve, retrouve ! Et merci pour ton petit commentaire !
Tout pareil mais avec le modern jazz de mon côté. Pratiqué jusqu’à mes 18 ans, puis je suis entrée à l’Université et mon horaire de cours ne me permettait plus de continuer la danse : j’avais cours tous les soirs jusqu’à 18h30, mes cours de danse commençaient à 18h. Je ne voulais pas changer d’école, j’ai donc arrêté la danse, j’ai découvert tellement de nouvelles choses à l’Unif qu’au départ je ne me suis pas rendue compte du manque. Puis la vie et ses désagréments est passée par là, et j’ai oublié qu’un jour j’étais danseuse. J’ai cherché d’autres sports, je ne retrouvais jamais la même passion, je m’ennuyais toujours. Mais avec les années sans pratiquer est arrivée la même peur que toi : devoir tout reprendre à zéro, voir tout ce qu’on a oublier, ré-apprendre ce qui était si facile et naturel avant.
Les cours de modern jazz pour adultes sont assez rares à Bruxelles, où j’habite. Alors pour faciliter un peu la reprise, me dire que je dois de toute façon reprendre à zéro, j’ai pris mon courage à deux mains et me suis inscrite à un cours de danse contemporaine il y a 2 ans de ça. Cela faisait tout pile 10 ans que je n’avais plus dansé… 10 ans ! Et j’adore. L’année dernière, j’ai pu suivre un cours d’American Jazz Dance (plus « classique » comme jazz) dans mon école et j’ai adoré. J’ai retrouvé mes vieux réflexes tout rouillés, j’ai appris des nouveaux mouvements, retrouvé le comptage qui rythmait tant ma vie d’enfant et d’adolescente (en contemporain, on ne compte pas). C’était bien plus motivant que décourageant, je me suis sentie bête de ne pas avoir repris la danse plus tôt. Malheureusement, le cours n’a pas été retenu pour cette année 🙁 Il me manque énormément. A la place, je suis un cours de classique. Je n’en ai jamais fait car lorsque j’ai commencé toute petite, la prof n’était pas très encourageante et je me suis dirigée alors vers le jazz. Ici ma prof est la directrice de l’école : elle est géniale. Exigeante mais bienveillante, j’apprends énormément.
Je me sens vraiment à nouveau complète depuis que je danse à nouveau, même si ce n’est plus du jazz.
Je me suis donc totalement reconnue dans tes jolis mots.
Oh la la, merci pour ton long commentaire, j’ai adoré lire ta petite expérience aussi !
J’ai souri en voyant ta photo de demi-pointes et en lisant ton texte 🙂 j’en ai fait pendant 11 ans, jusqu’en classe de première, puis j’ai arrêté en terminale car le grand gala de fin d’année tombait pendant le bac et que les répétitions nous prenaient les 3/4 de l’année… et puis je suis partie à la fac et l’idée de prendre des cours avec un autre prof que celle qui avait été ma prof pendant toute ces années, même si elle était parfois très dure avec nous, me faisait trop bizarre… alors je n’ai jamais repris ! Ca fait pffff… 13 ans maintenant que j’ai arrêté, mais j’ai toujours ça dans un coin de ma tête ! L’envie de reprendre me démange parfois… mais j’ai tellement perdu en souplesse, et puis avec mes kilos en plus… mais au fond ce ne sont que de mauvaises excuses je le sais bien 😉
Mes pointes m’attendent toujours chez mes parents ^^
La souplesse et les kilos en trop : deux de mes (fausses) excuses pour ne pas reprendre. Mais finalement, il faut juste se dire que les premiers cours vont être un peu plus difficiles, à justement se détacher de ce qu’on avait l’habitude de ressentir pour se réapproprier différemment les sensations.
Mais ça vaut le coup de passer par là ! Tu me diras, si tu reprends, hein ?
Woah! Ton article me fait du bien. J’veux dire…l’une de mes plus grandes passions c’est la danse. J’ai fait du ballet, j’ai arrêté en raison de mon horaire scolaire surchargé. J’ai recommencé et re-arrêté. Parfois j’ai le cafard. Je suis triste d’avoir commencé qu’adolescente. Je suis triste que mes parents n’aient pas eu la superbe idée de me faire danseuse durant mon enfance. Je déteste lorsque je ne réussis pas facilement, lorsque je n’excelle pas. Ça a été mon plus gros problème en ballet classique. Le prof me corrigeait constamment, sur presque tout. Je me trouvais nulle. J’avais l’impression de ne pas être à la hauteur. Je voulais pratiquer à la maison avec des cours DVD ou en ligne, histoire d’être bonne dans mes cours. Ouais…j’devrais recommencer à danser le ballet.
Bonjour Camille,
Moi j’y connais rien à la danse, j’ai jamais dansé. La musique, c’est pas mon truc, et t’imagines même pas comme je chante faux.
Mais tu m’as fait pleurer. Et je suis heureuse pour toi, du plus profond de moi. Parce que tu m’as fait pleurer avant même la fin de ton texte. Parce que putain, reprendre quelque chose qu’on a arrêté pendant des années alors même qu’en le recommençant, on respire et on se demande comment on a fait pour ne pas respirer pendant tout ce temps… bah ça me parle. Et là maintenant tout de suite, j’ai juste envie d’un papier, d’un crayon et d’inspiration. Je pleure.
Alors merci. Vraiment merci. Pour l’intensité, pour l’inspiration.
Clémence