Le semi marathon

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Dimanche, on a fait un semi marathon avec Claire et Justine. Claire et Justine, c’est un petit peu mes doubles sur les idées sportives débiles et qui vont nous emmener toujours un peu loin. La course dans la neige, c’était avec elles, les sorties runnings au Mont-Royal par -15, c’est avec elles, soulever des sacs de sable en courant, c’est avec elles aussi. Et forcément, le semi-marathon, c’était avec elles aussi.

On avait établi un vrai plan d’entrainement (trouvé sur le site de Kalenji et vraiment bien fichu) pour finir le semi en 1h45. Moi j’en ai déjà fait 3, mais j’avais jamais vraiment mis d’objectif temps, parce qu’avant, j’étais pas aussi, heu, je sais pas, disons, que je m’en fichais un peu plus. Là, on voulait vraiment faire une performance. (Je spoile tout de suite, mais non, le 1h45, j’ai pas réussi)(mais c’est que j’avais mangé une banane et que j’avais envie de vomir)(#mauvaisefoi.)

Du coup, huit semaines avant le jour du départ, nous voilà dans les rues de Montréal avec notre première séance de fractionné qu’on a fait n’importe comment parce qu’on avait pas de chronomètre ni de cardio non plus, fait qu’on a compté les secondes comme dans l’ancien temps c’est à dire à voix haute et de façon irrégulière. Au bout de quatre sprints on s’est rendues compte qu’en fait on avait bien trop couru, alors on a décidé de pas faire les 4 derniers morceaux de l’entrainement. Après ça, on est rentrées très contentes en se disant qu’on allait vraiment être très fortes.

Et puis après, il y a eu ce truc un peu nul de la vie qui fait qu’on a jamais trop le temps toutes les 3 ensemble pour aller courir, parce que j’ai des horaires débiles, que y’a Crossfit, que y’a spinning, qu’il pleut à verse (on a une météo qui donnerait des envies de suicides à un poisson), que y’a bières, bref, c’était compliqué. On a fait comme on a pu, mais le plan d’entrainement, pourtant si bien suivi sur les huit premières séances, est passé à la trappe aussi vite qu’on mange une ficelle à la tomate et au fromage de chèvre (nouveauté de la job)(c’est vraiment bon).

C’est ainsi que samedi soir, veille du semi-marathon, on a fait une soirée pyjama chez moi, pour qu’aucune de nous ne puisse sécher le lendemain. En revanche, on était toutes les trois un peu effrayées alors on a commencé à parler, puis on a évoqué l’idée de boire de la bière, pour nous aider, alors comme j’avais du vin, on a plutôt bu du vin, le tout en faisant du coloriage (je dois vous parler de mon coloriage géant)(il fait 1,80m sur 1m10 environ, il est beau comme tout et j’ai quatre ans quand je suis dans la cuisine).

Le dimanche matin, les yeux encore un peu collés et la météo qui faisait franchement la gueule nous ont pas franchement motivées, mais on est parties en répétant vingt huit fois à la seconde je veux pas y aller, j’ai peur, je veux pas y aller, j’ai peur. Dans le métro, il y avait tout plein de gens en legging de course, avec le petit sac à dos rouge de la course, c’était joli à voir et un peu rassurant, finalement, y’a pas que nous, tu vois, et puis on va y arriver.

Et puis il y a eu le compte à rebours, il y a eu ce truc un peu magique quand tu passes la ligne de départ, ce petit truc qui dit que d’accord, là, pendant les 21 prochains kilomètres, il va falloir courir sans penser à rien d’autre qu’à sa foulée et à sa respiration. Il y a eu des flaques à éviter, quelques foulées dans la boue aussi, il y a eu du vent de face, mais il y a eu du vent dans le dos aussi, alors comme a dit Claire, ça compense, il y a eu cette portion sur le circuit de F1, qui n’en finissait pas et il y a eu aussi des kilomètres plus faciles. Entre le 12ème et le 16ème par exemple, je me suis sentie bien. Fantastiquement bien, comme si j’étais faite pour courir. Ce genre de sensation tellement étrange, qu’on a finalement pas si souvent, et qui fait qu’à la fin de la course, même si y’a eu des moments où clairement la seule envie qu’on avait c’était de vomir ou de s’arrêter tout net, on va s’inscrire de nouveau à un 21k.

Il y a eu les deux derniers kilomètres, les plus longs de ma vie, vraiment, avec l’impression que jamais le panneau du 20ème va arriver OU QUOI BORDEL ? avec des gens à côté qui encouragent très fort et qui tapent dans les mains, parce que vous êtes à la fin, vous allez y arriver, ne lâchez pas. Il y a eu ces 300 derniers mètres, ceux où tu sais très bien que ce sont les derniers et que no matter what, il faut tout donner, même si ça veut dire qu’en franchissant la ligne d’arrivée, on va s’écrouler par terre (ou vomir la banane du petit dej) et puis ce moment fabuleux en passant la ligne d’arrivée et en voyant que c’est bon, on l’a fait en moins de deux heures, l’objectif est atteint et puis il y a eu une ou deux larmes de bonheur à ce moment là.

Et il y a eu cette petite phrase lancée, sur le 14ème ou 15ème kilomètre, je ne sais plus vraiment, un petit « merci les filles, d’être là » et puis c’était si vrai, on a couru jusqu’au bout (ou presque) les trois ensemble, encouragées par les passants sur le côté comme un trio, alors oui, merci les filles d’avoir été là, parce que ce semi-marathon toute seule, ça aurait pas eu la même saveur.

12 Comments

  1. Et c’était bien, enfin sauf les 2 derniers km, mais du coup je me demande si l’objectif avait été 18, est ce qu’on aurait détesté le 16 et le 17 ? À part ça j’ai un peu mal (genre moins que si on m’avait pété tous les orteils un par un, c’est une question de référentiel) (comme le vent), mais je suis si fière de nous et de notre temps et de notre rythme et de notre relais qui s’est mis en place tout seul et de notre team que j’en oublie tout ça (sûrement parce que j’ai pas de marches à descendre là maintenant).
    Bisous

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    1. Je crois qu’on aurait détésté le 16 et le 17, par pur esprit de rébellion. Moi je suis férocement fière de notre team aussi. Maintenant, allons faire du longboard.

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  2. Rhalala, tu me donnes tellement envie ! Je n’arrive pas à motiver mes Céline pour le semi Auray Vannes en septembre (pourtant y’a un bol à gagner, je comprends pas ^__^), et je sais que seule je n’y arriverai pas (j’ai même pas envie d’essayer en fait). Bon, on va courir le duo du marathon le mois d’après avec nos chéris (19 et 22kms) mais c’est pas pareil. Un SEMI quoi !
    Bref, bravo les filles, moins de 2h je suis ultra bluffée, vous assurez grave !!

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    1. Non mais seule, on y arrive hein, finalement tu finis toujours par accrocher quelqu’un devant toi qui te pousse jusqu’au bout. Mais c’est vrai que c’est un truc assez intense quand même, du coup c’est chouette de le partager ! Envoie moi ta Céline team, je vais les convaincre !

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  3. Il est touchant ton article
    Mais tu l’as fait, qu’importe le résultat et pour être passé à Montréal, s’entrainer par cette météo n’est pas du tout évident DU TOUT.
    BRAVO les filles !

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    1. C’est vrai que pour le run, Montréal l’hiver, on repassera ! Mais bon, c’était vraiment un chouette moment (même si j’ai failli finir congelée des bras !)

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    1. Merci ! Le prochain semi, je sais pas (sans doute l’an prochain, je vais essayer de faire des 10K maintenant pour faire des chrono un peu + interessants) mais il y a la Spartan Race dans 3 semaines avant !

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  4. C’est que tu donnerais presque envie de courir un semi marathon (enfin, je vais attendre que ma cheville/mes genoux/mon pied aillent mieux)(oui tout ca en meme temps, pourquoi faire les choses a moitié quand on a les jambes en carton?)
    Bravo pour votre performance les filles, vous pouvez etre fieres de vous ! (et encore une fois, c’est touchant, que de jolis mots Camille, et de belles émotions !)

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    1. J’ai les genoux un peu en carton aussi, j’ai eu assez mal une fois la course finie je t’avoue ! (Et puis merci pour tes jolis compliments !)

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  5. Tout d’abord, félicitations à vous 3 pour cette jolie course. Et bravo pour tes mots. Même une recap de course à pied, tu sais l’écrire joliment. Tu expliques bien ce petit moment magique que nous fait vivre le running :-)

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  6. Quand tu parles de course c’est magique. Quand tu parles c’est magique tout court. Aujourd’hui je me suis fait mon petit rattrapage sur ton blog, tous tes derniers articles d’un coup et j’ai la pêche, j’ai ri, souri, été émue, j’ai envie de faire plein de choses dont courir tiens et puis j’ai envie d’écrire aussi. Merci <3
    (et alors les envies de suicide à un poisson… je ne vais pas m'en remettre)

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