J’aimerai être capable de supprimer automatiquement les dossiers zip des trucs que je télécharge, une fois que je m’en sers plus, au lieu de devoir faire ça une fois tous les six mois et d’y passer quatre heures cinquante parce qu’évidemment, il y a douze dossiers qui s’appellent « Google-export-dièse-numéro » et qui correspondent on sait jamais vraiment à quoi.
J’aimerai bien aussi réussir à arrêter d’aller faire des courses juste parce qu’en fait je voulais du potimarron alors qu’il me reste quand même des buttercup, butternut, butter-tout-le-reste dans la cuisine et qu’une fois de plus, je vais aller acheter un potimarron, je vais trouver ça tellement merveilleux que je vais me dire que c’est vraiment meilleur que le reste, alors ce petit cirque va recommencer deux ou trois fois, jusqu’à ce que vraiment, non, je vais manger la butter-n’importe-laquelle et que je me dise qu’en fait c’est celle-ci la meilleure, tant pis pour le potimarron qu’il me reste, je vais faire des courses. Je suis une calamité pour faire mon épicerie et je pense que si un jour je dois vraiment faire attention à mes dépenses, je vais souffrir très très fort de ce côté là.
J’aimerai plus que tout être capable de porter des collants plus d’une fois. C’est pas que je les file, non, pas vraiment, c’est juste que je les perds. Je sais pas trop, ne posez pas la question, mais oui, j’enlève mes collants et je les perds.
J’aimerai bien, d’ailleurs, réussir à ranger ma chambre (je veux dire, à un autre moment que quand il y a un très joli garçon dans la cuisine et que je dois lui interdire l’accès à ma chambre le temps que je fasse semblant que je suis une personne adulte qui est capable d’essayer six tee-shirts et de les ranger, au lieu de les laisser sur la chaise, chaque matin, sept matins par semaine, quatre semaines par mois). Avant, j’étais très maniaque (j’écrivais sur mes cintres le nom des habits que je devais y accrocher, parce qu’ils avaient chacun une couleur qui matchait bien et j’avais choisi les cintres en bois, les plus jolis, pour mes habits préférés, les chemises à carreaux). Je sais pas à quel moment ça a dégénéré.
J’adorerai plus que tout au monde aimer aller au ciné. C’est plus fort que moi, je suis incapable de me concentrer plus de cinquante deux secondes, j’ai toujours envie de bouger, de me lever, de changer de position, de boire de l’eau, de regarder mon cell. Je pense que je n’ai pas mis les pieds au ciné depuis que je suis à Montréal et pourtant j’ai une liste longue comme une semaine sans tartine khorasan-avocat qui s’allonge de jour en jour de films que je veux aller voir (Mommy, Gone Girl, Saint Laurent, Hippocrate…)(enfin, vous comprenez l’idée), mais je finis toujours par me dire que ça sert à rien. Alors je finis en chaussette de laine, pyjama rennes et tisane tilleul-citron devant Netflix, à regarder les séries les plus nulles (en ce moment, un truc de teenage qui se passe dans une école de surf en Australie)(lalalala, ne me jugez pas), mais qui durent 20 minutes par épisode, alors j’ai pas le temps de me lasser.
J’aimerai aussi me souvenir des typos que j’installe à peu près frénétiquement chaque jour. Parce que je suis une dingue de typographie et que je suis capable de passer des heures sur tous les sites qui en parlent, mais que dès qu’il faut que je me souvienne du nom de celle que j’avais trouvée pour un projet précis, je suis nulle. Alors je retourne chercher des typos, pour en télécharger d’autres, les installer et me rendre compte que , voulez-vous installer cette police déjà existante, c’était celle que j’avais déjà sélectionnée.
Il y a des jours où quand je me regarde dans un miroir, je me dis qu’il y a encore un milliard de choses que j’aimerai faire autrement. Des petites manies qui sont pas mauvaises et qui font un petit peu ce que je suis, mais que quand même, on voudrait modifier. Et puis y’a ces jours où on se dit qu’en fait, c’est quand même pas si mal, d’avoir une marge de manœuvre, question d’être bien sûr que y’aura jamais personne de parfait et que, peut-être que les gens qui arrivent à avoir un disque dur très bien trié, rangé, avec des dossiers dont les noms sont tous homogènes (un rêve), bon ben peut-être que dans leur tête, c’est encore plus le bordel que dans mon tiroir à bobettes.
(Les bobettes, c’est les culottes en québecois. Et je trouve ça joli, un tiroir à bobettes.)


17 commentaires sur “Avant d’être tout à fait parfaite.”