La course.

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J’avais pas franchement prévu de parler de cette course (je savais que j’allais la rater) mais en fait, cette fin de semaine a été beaucoup trop parfaite pour la laisser passer comme ça, sans la garder encore un petit peu en tête.

Samedi, on avait un 10km à faire avec Justine et Claire. En bonnes #machinegirls que nous sommes, on s’était fixé un chrono, pas forcément inatteignable quand on l’avait fixé, mais le problème c’est qu’on l’avait fixé juste après le semi-marathon, pendant cette période d’euphorie totalement extraordinaire qui nous ferait dire oui à tout (je pense que si on me demandait en mariage à ce moment là, je serai capable de dire oui)(je pense que je dirais même oui à une assiette de betteraves)(c’est dire).
Comme en plus on avait pas mal réussi le semi, on s’était dit qu’en poussant un tout petit peu plus l’entrainement (c’est-à-dire, en allant au bout de l’entrainement sans s’arrêter au bout de deux semaines parce qu’il y a soirée bières, soirée rhum ou soirée-les-deux-en-même-temps), on réussirait à atteindre le but. Notre truc, c’était de passer sous la barre des 45min.

Alors je vous laisse ça là, le temps que vous calculiez la vitesse, mais donc, oui, 45 minutes pour 10 km, ça va assez vite. On avait encore déniché le plan d’entrainement via Kalenji (DECATHLON, VENEZ AU CANADA), et je crois que cette fois-ci, on est allées courir une seule fois ensemble en suivant les séances. Lamentable.

Une semaine avant la course, on avait plus ou moins abandonné l’idée d’y arriver, moi je voulais plus y aller parce que je voulais pas trop avoir à me dire que j’avais pas réussi, pis j’avais tellement tanné les copains pour avoir une fête surprise que je m’étais dit qu’à tous les coups, ça allait être le samedi alors je devais être prête, tu vois. (Oui, c’était une course le soir)(on fait des trucs comme ça au Québec.)

Samedi matin, comme d’habitude avant les courses, j’en menais pas vraiment large (j’ai jamais compris cette expression, mais j’aime bien l’utiliser)(comme beaucoup en fait) et je me demandais vraiment à quelle heure je devais manger des pâtes, comment j’allais m’habiller et si je pouvais quand même pas trouver une excuse pour pas y aller.

J’ai mangé des pâtes à 15h, j’ai mis mon short rose et j’ai pas trouvé d’excuse : à 20h15, on était sur la ligne de départ, sans rien voir ou presque, dans un parc pas éclairé.
On est parties très vite, j’ai soufflé que j’étais pas vraiment certaine de tenir 10km à ce rythme là et pour me répondre, Claire a accéléré. Alors on a fait comme on sait bien faire, on s’est soutenues sans rien dire et on a accéléré quand les autres y arrivaient moins, et on a suivi quand c’était plus à nous de mener. On s’est bien pris les pieds dans les nids de poule du chemin, on s’est pris aussi quelques branches dans la face, on a fini le premier tour et dans ma tête je me suis dit qu’il fallait qu’on fasse le second tour en environ 6 minutes de moins pour y arriver. J’avais déjà pas mal envie de vomir, alors je savais pas trop comment faire.

On a attaqué le deuxième et dernier tour, en mettant les pieds dans les mêmes trous et en se prenant les mêmes branches, Claire a eu un point de côté alors on a ralenti dix secondes, pour mieux accélérer après, j’ai dit à Claire que j’allais mourir, elle a accéléré pour me faire taire et je l’ai suivie, parce que c’était ça qu’il fallait faire. On a franchi la dernière petite montée et on a dit que maintenant, on finissait à fond, moi j’avais dit à Claire que même si c’était pour gagner 10 secondes, je sprintais toujours à la fin parce qu’au moins si je vomissais en vrai, je savais pourquoi. Bon, c’est aussi que même si à la fin, on sait pas trop comment on va faire pour finir, il y a toujours le truc qui dit que si, t’es capable de donner encore un peu, tu verras.

Alors on est allées à fond, on voyait pas la ligne d’arrivée, mais on a dépassé des gens, on a vu le chrono, on a essayé de grappiller deux ou trois secondes, même si on avait pas vraiment battu notre temps. On avait un grand sourire, même si on pouvait plus respirer et dans ma tête, je me suis revue aux entraînements, tu sais, quand t’as plus trop envie, que ça fait mal aux cuisses et que les mollets tirent, que tu sais pas vraiment pourquoi tu fais ça alors que les copains sont en train de jouer à la pétanque ou de boire des bières en terrasse.
Et puis c’est juste que voilà, c’est pour ça.

C’est pour ces petites secondes que tu grattes à la fin, c’est pour ce quart d’orange mangé après, c’est pour ces minutes sur la ligne de départ, où t’es un peu fébrile et tu sais pas trop ce qui va se passer, c’est pour ce sprint final, c’est pour ces secondes de récupération, quand t’as fini et que t’as tout donné, c’est pour tous ces gens que tu reverras jamais mais avec qui t’auras partagé un sourire, un bout de parcours (ou une branche dans la face). C’est pour cette minute, juste après, où y’a juste un truc que tu peux faire, c’est sourire grand comme ça, parce que c’était bien, parce que tu vois que t’es capable et parce que sur l’échelle des choses bien, ça arrive pas mal en première position.

Pis même si on a pas battu notre temps, on a fini sur le podium de notre catégorie. Et juste pour ça, ça valait le coup de se prendre des branches dans les yeux.

11 commentaires sur “La course.

  1. A chaque fois, que je te lis, je suis prête à enfiler mes baskets et aller fouler le bitume, damn it genoux en carton ! (et comme d’habitude tu m’as emmené avec toi (même une course, tu l’écris bien :p) et ça a vraiment l’air cool de toutes ces différentes courses. Sur ma liste, le color me rad)

  2. J’AIME TELLEMENT TON BLOG !
    J’aime tes récits, cette mise en page, enfin tout …
    Bref c’était cool encore ce petit post, surtout que ça parle de course et que depuis juillet je m’y suis mise, et que c’est vraiment cool de lire tes impressions sur ta course …

    À bientôt !

  3. Et au final, tu as fini avec quel chrono ?
    Ton billet me parle beaucoup, j’ai adoré le lire. Je cours aussi pour ça. Parce que lorsque tu franchis la ligne d’arrivée, tu es crevée, et ton corps est endolori, et tes jambes avancent toute seule mais bordel, tu l’as fait.

  4. Ah ah ! Et oui, c’est pour tout ça qu’on continue à courir et à s’inscrire à des courses. Félicitations à vous 3, très beau travail d’équipe :-)

  5. Rhalala, même si je n’arriverai jamais à courir aussi vite que toi, c’est pour tout ça que je cours, tous ces petits moments magiques que tu décris si bien ! Bisous !

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