publié le / 6 juin 2019

catégories / carnet de voyage

de la crème solaire & le ciel grand ouvert.

de la crème solaire & le ciel grand ouvert.

Il faisait très chaud ce jour-là. L'été, enfin, comme il se plait à arriver à Montréal, une diva, entrée fracassante après l'hiver incessant et besoin de reconnaissance, tout de suite, trente degrés. Les bras dénudés, les pantalons raccourcis, allégés : il faisait chaud ce jour-là.

Le balcon était déjà en plein soleil - l'orientation pourrait faire penser le contraire, mas quelle chance, ce balcon rempli de chaleur dès le matin - Jean-Jacques, le sapin de Noël qui n'a pas survécu, termine sa vie dans un coin, parce que la flemme de le descendre, je ne sais pas quand passent les encombrants, et ça me fait de la peine. Il n'a pas aimé les saisons. J'ai essayé de le faire repartir, mais peine perdue.

Ils ont sonné en bas : que fait-on ? On monte ? On reste tous dehors ? Quelle étrange période que ce confinement, ne pas savoir ce qu'on peut faire avec ses amis, ne pas trop savoir sur quel pied danser, le balcon est dehors, oui, mais il faut traverser la chambre pour y accéder. Et puis finalement, venez sur le balcon, on fera attention. Les croissants dans une main, le café dans l'autre - et puis le gâteau à la vanille un peu plus loin (il était très bon, j'en suis très fière) (ces dernières semaines, j'ai voulu cuisiner, mais beaucoup de gâteaux ont terminé à la poubelle, parce que je ne sais pas suivre une recette et mes innovations ne sont pas encore comprises dans le monde de tous les jours).

Ils nous avaient proposé un peu plus tôt de nous prêter leur voiture, pour qu'on puisse quitter un tout petit peu la ville, le temps de quelques heures. J'avais accepté, presque les larmes aux yeux tant la perspective de voir d'autres horizons que le-supermarché-le-parc-mon-bureau me mettait en joie.

le marais de la riviere aux cerises

Clés de voiture récupérées, café avalé et plans de chalets évoqués, on s'est mis en route, direction : là où le ciel est plus grand.

On hésitait, on est partis vers la droite. Le toit ouvrant chauffait mes coups de soleil déjà présents (je sais, je n'ai pas fait attention, il y avait du vent, ça m'a trompée, ça fait sept ans que l'été montréalais me surprend, l'Homme apprend de ses erreurs, mais visiblement pas du premier coup), et petit à petit, les bâtiments ont laissé place aux arbres et aux grandes plaines vides.

Des routes sans fin - et sans virages. Des maisons trop grandes trop près de la route. Des gros 4x4 garés. Quelques vergers (il y a des cidreries dans le coin). Pas beaucoup de voitures.

Le premier arrêt était un échec. Ma gestion de Google Maps est parfois un peu bancale, ah, il fallait tourner là à droite, pardon, je regardais Instagram au lieu de regarder la route, mais à ma décharge, de toutes manières, les parcs étaient fermés.

Le deuxième arrêt fut également un petit échec, mais prévu, celui-ci, puisque nous savions que l'endroit où nous voulions aller était fermé, mais on espérait pouvoir au moins garer la voiture et se promener dans les vergers. Non.

Nous avons poussé un peu plus loin, en désespoir de cause, on veut marcher dans l'herbe et voir autre chose que des grandes fenêtres et du béton, oh la la ! Le troisième arrêt était le bon : un parking suffisamment rempli pour indiquer que l'accès était ok, un marais, une rivière (et des moustiques, probablement) : ça fera l'affaire - et surtout, j'avais trop envie de faire pipi.

le marais de la riviere aux cerises
le marais de la riviere aux cerises
le marais de la riviere aux cerises

Il y avait des petits écureuils et des tamias rayés (enfin, je crois, mais ma connaissance en faune locale est encore assez limitée), il y avait quelques nénuphars un peu fatigués, beaucoup d'arbres, quelques sentiers. On a marché, le nez au vent, oh, pas longtemps, même si ma montre a quand même validé les 10.000 pas pendant la promenade, mais juste assez pour se sentir déconnectés de la réalité un peu pénible du moment. Je disais récemment, que ce qui me manquait le plus de ce confinement, c'était la possibilité de voir le ciel en grand, celui qui n'est pas arrêté par les immeubles, par les fontaines, par les gens. Alors avoir devant moi cette étendue de bleu, sans personne (ou presque) autour, ça a fait l'effet de trois mois de vacances à l'autre bout du monde, à peu près, le bilan carbone désastreux en moins.

le marais de la riviere aux cerises

On a continué le sentier, tout au bout, le retour était interdit dans ce sens - la distanciation sociale reste de mise, même loin - alors on a continué tout droit. Il y avait le lac au bout, je savais qu'il était pas loin, mais je pensais avoir plus de mal à le retrouver. Ce lac immense dans lequel j'ai fait, petite fierté, mon premier triathlon (le seul, d'ailleurs, à ce jour). J'ai trempé mes pieds, même si je savais qu'après, j'allais devoir remettre chaussettes et baskets sur des pied pleins de sable pour rentrer. L'eau était froide, et il y avait un jackie qui faisait le guignol avec son jet-ski.

Trois minutes d'eau glacée sur les pieds et puis après, il fallait rentrer parce qu'il fallait acheter une bouteille de gin pour l'apéro, mais vous savez au Québec on peut pas vraiment acheter de l'alcool n'importe où et bon, le dimanche, ça ferme un peu plus tôt, alors on s'est dépêchés et en fait, on aurait pu rester les pieds dans l'eau glacée un peu plus longtemps parce que de toutes façons, la SAQ, là où on achète l'alcool au Québec, donc, était fermée le dimanche.

On a rebroussé chemin, passant par le parcours de course à pied du triathlon, cela m'a rappelé de si bons souvenirs, regarde regarde, c'était là qu'on s'était élancées pour la nage et tu vois, là, c'était là où on prenait nos vélos, quelle nostalgie, je veux refaire un triathlon, et on a repris la voiture pour rentrer à la ville, à la maison, là où le ciel est moins grand, mais où, après une journée comme ça, c'est pas si grave que ça.

le marais de la riviere aux cerises
le marais de la riviere aux cerises
le marais de la riviere aux cerises
le marais de la riviere aux cerises
le marais de la riviere aux cerises
le marais de la riviere aux cerises
le marais de la riviere aux cerises
comment y aller ?

(incluant nos étapes-échec parce que c'est bien moins drôle sans.)

le marais de la riviere aux cerises
le marais de la riviere aux cerises

infos pratiques +

commentaires.(3)

R.

/ posté le : 6 juin 2020

Bonjour Camille, C'est beau, ce ciel et cet eau qui s'étirent sur la largeur de l'écran. On navigue sur ce nouveau site comme tu as l'air de t'être balader ce jour-là, sur une pente toute douce. (La deuxième ligne du titre grignote le début de ton premier paragraphe, la vilaine). Merci !

Pauline

/ posté le : 7 juin 2020

Ah mais qu'est-ce qu'il est beau ton site ! Ah ! Mince alors ! Et quel plaisir de retrouver tes mots, ils sont doux et ils m'ont fait prendre l'air le temps de ma lecture. Merci pour tout ça. À bientôt, s'il te plaît.

Anne

/ posté le : 9 juin 2020

Mais quelle joie de pouvoir te lire à nouveau ! Merci merci merci !!

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